100 hommes en compétition pour 1 rendez-vous

Pour mettre en relief la discrimination dans les rencontres, un gigantesque rendez-vous a été orchestré. Je vous propose l’analyse de cette opération « Tinder Trap » (le piège de Tinder) qui a fait le buzz. Cet épisode de communication, qui a rencardé 100 hommes et a mis en scène leur rencontre avec une seule et unique femme.

discrimination dans les rencontres Natasha Aponte
crédit photo : NICK AM VIA WAV sur Pinterest

Une expérience sociale

C’est l’histoire d’un homme et une femme : Rob Bliss et Natasha Aponte. Compères d’une agence de pub/com/digital, ils ont l’idée de mettre en scène une expérience sociale. Thème de cette expérience: la discrimination dans les rencontres.

Quand les premières images sont parues dans la presse, on ignorait qu’il s’agissait d’une expérience. Cela nous a été présenté comme la recherche sincère d’une femme, pour trouver l’âme sœur.

Pour cette expérience on line, ils vont mettre en place un scénario. Des gens vont se retrouver discriminés dans le réel. Le but était de les faire réfléchir sur leurs propres critères de sélection quand ils swipent sur Tinder, en montrant en réel l’inanité du fait de discriminer les gens.discrimination dans les rencontres les critères de sélection

Opération Tinder Trap

Le modus operandi de l’expérience va consister pour une fille à valider 100 profils Tinder hommes, arbitrairement, et à leur fixer un rendez-vous en un lieu unique. Une fois annoncé qu’ils avaient tous rendez-vous avec la même femme, ceux qui acceptaient ce principe, devaient relever une série d’épreuves. A commencer par une sélection selonleurs caractéristiques physiques, puis sportives et de présentation.

Youpi !!! J’ai rendez-vous avec un mannequin !

discrimination dans les rencontres top model
un top model, genre Cindy Crawford

Un mannequin ? Vraiment ?

On nous présente Natasha Ponte comme un mannequin. Le marché du mannequinat s’est complètement barbarisé. Dans les années 80/90 les critères d’un top model étaient des jambes d’un 1m10, une taille dont on pouvait faire le tour avec les mains, un visage extrêmement symétrique, les traits fins… Bref, ils étaient en général, extrêmement occidentaux.

Ces critères concernaient 0,03 % de la population. Ils se sont tant élargis aujourd’hui, qu’une nana de Porto Rico d’1m63, avec une tête de caissière chez Leclerc est considérée comme mannequin. C’est comme si une femme de ménage gréco-algérienne débarquait en France et prétendait « dater » la crème de l’entrepreneur successfull de l’ouest parisien.

Le processus d’extension du marché va toujours finir, comme l’explique Baricco, par attribuer ce qui était avant des critères d’élite, finalement au tronc commun, au marché le plus large possible.

Femme = corps / Homme = cerveau

Cette expérience de discrimination dans les rencontres, nous est présentée comme une idée collective. Sauf qu’il est implicitement procédé à une partition des rôles. Celle qui ferait l’appât est la femme. L’homme ferait l’ingénieur big data. C’est-à-dire, la femme met ses photos sur Tinder. L’homme fait l’algorithme et toute la gestion logistique de » comment traiter des centaines de réponses pour amener ces gens à se présenter le même jour, au même rendez-vous ». Ce qui est déjà préempter le schéma le plus spéciste, le plus archétypal qui soit.

Discrimination dans les rencontres

discrimination dans les rencontres ramper devant une femme
combien vont ramper pour un rencard ?

La vraie question ce n’est pas combien d’hommes, une femme fatale peut attirer dans un parc le dimanche après-midi ? Ni combien vont ramper pour mériter  l’honneur de prendre un café avec elle ? C’est le contraire.

Si on faisait l’inverse ?

La vraie question est : combien de femmes motivées, un homme peut-il réunir au même endroit ? 5 max et encore ! Combien de femmes resteraient stoïques devant une discrimination dans les rencontres aussi ouverte? Si elles entendaient de la bouche d’un homme ce que les hommes ont entendu de cette pseudo model, resteraient-elles souriantes à réaliser des épreuves ?

Sachant que ses critères étaient la taille, le poids, les vêtements, les cheveux etc. Imaginons qu’un homme explique à une centaine de filles qu’il faut qu’elles fassent minimum 1m70, peser maximum 53 kilos, cheveux longs, qu’elles aient un vagin étroit (elle s’est permise de demander du 15 ou du 16 centimètres minimum !)… Et comme elle s’est permise d’évincer ceux qui portaient un « kaki » (pantalon connoté comme vêtement de vieux), évinçons celles qui ne portent pas de talons ! Combien de ces supposées prétendantes resteraient à se plier à ce genre d’épreuves ? Évidemment, AUCUNE.

Participer ou partir ?

discrimination dans les rencontres critère de sélection faire des pompes
tu fais des pompes ou tu dégages !

Les hommes sont bonne patte et se prêtent assez facilement à ce type d’humiliation. Il est plus difficile de convaincre les femmes de rester, surtout celles qui sortent du lot, physiquement.

Trois images m’ont marqué dans cette expérience :

  1. D’abord, l’arrivée en hummer avec deux gardes du corps, codes esthétiques du système de représentation de la télé réalité.Ils se sont complètement appropriés les bribes du système de représentation de M6. L’internet reproduit donc en moins cher ce qu’ont fait pendant des années des équipes de tété. Finalement, toute la mise en scène est stéréotypée.
  2. La distance physique comme stigmate d’une société où tout contact physique peut s’exposer au risque d’être déclaré comme non sollicité. Que dois-je ne pas faire pour ne pas être susceptible d’avoir eu un geste déplacé ? L’image d’un baise-main très maladroit d’un candidat qui semblait très embarrassé. Celle d’un asiatique qui, malgré son élimination, tenait à faire un selfie avec l’héroïne du jour. Il n’a même pas osé poser la paume de sa main sur l’épaule nue de cette femme iconisée, mise sur un piédestal. On voit que l’on est dans un désir appréciatif d’ascension, pas du tout sur un désir réel.

Une humiliation pour le genre masculin

OUI ! mais il l’a bien cherché ! Cela fait pourtant des années que je vous explique la dynamique d’un site de rencontre. En fait, elle lève la contrainte sur laquelle marche le système dans la réalité. L’homme dans la rue s’abstient d’aborder 15 femmes par jour. Le rejet est trop coûteux en force morale et en ego. Quand vous levez la crainte de l’affront du rejet frontal, le destin de l’homme qui ne se contient pas et de swiper tout les profils pour maximiser ses chances. Sans toutefois faire de discrimination dans les rencontres sur ce genre de sites.

discrimination dans les rencontres qui a gagné le tinder gate
Qui a gagné le Tinder Date ?

C’est une stupidité collective devant laquelle je vous mets en garde depuis des années et vous ne semblez pas entendre ! Tous les hétéro-binaires qui abreuvez vos connaissances, vos contacts de propositions, de compliments baveux, maladroits qui ne discriminez  aucune femme et vous précipitez sur la moindre opportunité d’obtenir un micro-gramme d’attention ! Vous êtes, nous sommes tous humiliés !

Néanmoins, il était fatal que ce type d’expériences advienne aux États-Unis, pays des barbares désencombrés. Un barbare est en fait un néo-consommateur formé à l’extension de la logique marchande. Un consommateur désencombré est un individu libéré de ses attaches rurales et de sa communauté religieuse. Il ne peut s’attacher aux autres désormais que par contrat. Tout ceci étant favorisé par un bain culturel protestant où la culture du commerce et du contrat sont plus prégnantes qu’en France.

Propos rapportés par LaureG


SEMINAIRE SUR CE THEME
- Commandez le séminaire "techniques de séduction à l'écrit"
  1. Devenez plus écouté, plus intéressant et plus charismatique
  2. Captivez et convainquez à l'écrit
  3. Appliquez les techniques de séduction au monde professionnel
  4. Décrochez votre dream-job
SEMINAIRE SUR CE THEME
- Commandez le séminaire "ce qui ne te tue pas..."
  1. Changez de vie et exploitez votre potentiel
  2. Développez votre énergie physique et votre force mentale
  3. Améliorez votre performance

LaureG

Rédactrice Web et Graphiste, la créativité et la curiosité sont mes moteurs, les mots et les images sont mes outils, et tout sujet, toute info, le carburant. Rédactrice pour Hommes d'Influence, c'est retranscrire les vidéos de Stéphane Edouard et rédiger certains articles sans déformer sa vision à travers ses lunettes de sociologue. Bonne lecture !

Voir tous les articles

1 commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  • Ca me rappelle la soirée Meetic qui avait été organisée à côté de chez moi avec 4 femmes et 40 hommes. Sur les 4 femmes, deux ont réfusé d’entrée de jouer même un minimum le jeu. Voyant le peu d’entrain des demoiselles, j’ai filé au bar jusqu’à la fermeture.