On ne s’aime plus (suffisamment)



Stéphane, sans prétention je vais essayer de synthétiser l’histoire de couple quand on ne s’aime plus. Je l’imagine assez démonstrative des difficultés hommes/femmes  : comment savoir quand c’est fini ? Faut-il rester en couple sans amour ?

C’est elle qui m’a voulu

Elle, que je vais appeler Ginette, 30 ans, il y a 4 ans m’a choisi. Elle a été séduite dit-elle par ma fougue révolutionnaire et mon analyse de la réalité politique et sociale. Elle m’a séduit ensuite par sa curiosité, sa posture non conventionnelle et son intuition. A savoir qu’à l’époque je ne travaillais pas, j’avais une voiture pourrie (toujours d’ailleurs et cela me plait), je n’étais pas très soigné et j’avais une copine dont je n’avais pas grand-chose à faire et que je comptais quitter car, justement, on ne s’aimait plus.

Nous sommes très différents

C’est une écorchée vive

Très vite j’ai remarqué que ses attitudes allaient me demander de travailler sur moi pour les accepter : elle parle fort, veut avoir raison, elle est extrêmement émotive, montre très peu d’attention à ce qui pourrait me froisser voir blesser (me faire attendre chez elle tandis qu’elle s’amuse après le travail, être en mini-jupe et se tenir comme un bonhomme ce qui fait apparaitre sa culotte, se balader en culotte devant un de mes potes etc.). En fait je cerne très vite qu’elle veut toutes les attentions, qu’elle est en mal de reconnaissance, écorchée vive depuis son enfance mais ne l’admettant pas. Elle a des parents divorcés très tôt, comme moi. Un père (haut statut social issu de la classe ouvrière) qui était loin d’elle dans son enfance mais qu’elle admirait, une mère (ouvrière et très fermée à la philosophie) tyrannique et maltraitante (avec la complicité du beau-père) qui avait transférer sur elle son aversion de son ex-mari.

Au début, il y avait la passion

Mais on était fous l’un de l’autre, la passion nous a emporté dans une formidable fusion. Il est à remarquer que pour la première fois, malgré ses fortes sollicitations dès la première nuit ensemble, je ne pouvais pas coucher avec elle. Sans stress, le moment est venu deux semaines après et c’était magique, nous devenions des bonobos.

Je suis un feignant (qui se soigne)

Moi, je suis Robert votre serviteur. Je suis assez allergique à la contrainte donc un peu feignant, très analytique, plutôt terre à terre mais paradoxalement avec un fort besoin d’imaginaire et de mystère à découvrir. Je suis plutôt patient et peut me montrer égoïste, peut-être pour m’assurer une solitude qui m’est parfois chère. Je mets tout de même un point d’honneur à la conservation de mes amitiés et attaches. Enfin bon, j’essaye d’évoluer, ça avance et même si je peux être dur avec moi-même, ça m’est profitable. On peut me reprocher un côté moralisateur. La vie me sourit souvent et je le porte sur le visage.

Nous sommes tous les deux très sociables, friands de remises en question sur le monde et l’être humain, avec une ouverture certaine sur la spiritualité.

Mêmes feuilles de route, ou presque

Sa feuille de route correspondait à la mienne (avant qu’on ne s’aime plus, bien entendu) : à savoir fonder une famille stable et s’épanouir dans une vie alternative et engagée (vivre à la campagne, faire vivre un élan démocratique, être autosuffisant au maximum), à la nuance que pour moi il y a des étapes à franchir (mettre de la tune de côté, équilibrer notre couple, murir chacun etc.). Je suis moins pressé, mon horloge biologique également. Je ne me sent pas encore être un homme affirmé et cette relation ne m’aide pas à discerner ma place.

Quand on ne s’aime plus, les contradictions s’accumulent

En 4 années, voici la liste des contradictions que j’ai perçues :

  1. Ginette se dit stable mais elle a des copains et copines totalement instables ; émotionnellement elle ne l’est pas, et au bout d’un an, après des engueulades, elle adoptera systématiquement une posture de fuite et d’agression vis à vis de moi. « Je me casse, tu m’as fait perdre mon temps, on ne s’aime plus comme avant, tu me vois comme une mauvaise personne etc. ». Elle s’emporte souvent, hurle les yeux exorbités et dis des choses qui la dépassent. Du coup, moi attendant qu’elle fasse enfin un travail sur elle pour se poser, je refuse de faire un enfant. Ça ne passe pas.
  2. Ginette veut que l’on s’occupe d’elle. Alors étant bien plus disponible, je fais les trois quarts des tâches ménagères, elle n’a même pas à débarrasser son assiette. Résultat, à défaut de reconnaitre que je l’aide beaucoup (à la limite pas grave), et bien elle me reproche régulièrement de ne rien foutre et elle me donne des bons conseils, ce qui me rend dingue ! Quand elle fait enfin quelque chose pour le ménage ou l’organisation, elle est d’une humeur exécrable. C’est ça la femme moderne, elle ne fout rien et l’homme devrait toujours faire plus ? Et le pire c’est que pour elle c’est l’inverse !
  3. Ginette se dit douce et attentionnée, or les attentions physiques qui me font un bien fou (massages et j’en passe hein), bah je dois être initiateur pour en avoir un peu. Par exemple, lui faire un massage de 20 mn pour qu’elle m’en fasse un forcé de 5 mn. J’exagère mais pour dire !
  4. Ginette observe et commente défavorablement l’hyper sexualisation de la femme dans la société. Or, pour elle et ses copines je suis un con de macho parce que je n’accepte pas quand on voit la culotte de ma nana et ses seins quand elle se penche sans sous tif avec un débardeur parce qu’elle ne fait pas attention à comment se tenir avec un tel attirail. Qui manque de respect à qui ?
  5. Ginette ne supporte pas que je lui renvoie qu’elle est autoritaire. Surtout depuis qu’on ne s’aime plus.Tout de suite pour elle cela implique que je l’a voit comme une horrible personne. Pour elle il n’en est rien. Or, quand on est à l’appartement, je DOIS être de suite disponible pour elle. Je dois également accepter ses exigences sinon je suis égoïste et…autoritaire (avoir un chien, partir à l’étranger alors que l’on doit économiser pour un projet commun de maison, déménager dans une autre région etc.). Et même quand j’obtempère, ce n’est jamais assez.
  6. Mon esprit est très souvent tourné vers elle. Mais…. Je ne me gêne pas pour l’aider, de donner mon avis sur ce qui me semble ne pas être rationnel ou biaisé dans ses postures et discours. Du coup, je ne l’écoute pas et, toujours selon elle, ne la soutiens pas. Mais elle devrait pas avoir des copines, pour ça  ? Devrais-je constamment lui renvoyer qu’elle est formidable ?
  7. Ginette dit n’en avoir rien à faire de l’argent. C’est quasi tout le temps le cas, donc je contrôle les budgets un peu à l’arrache car je n’aime pas ça non plus mais je suis vigilant. Je l’a suis dans l’idée de ne pas compter entre nous. Or, à différentes périodes, elle me reproche que je mets moins d’argent sur la table. Sachant par synthèse et observation que c’est justement remarquablement l’inverse, je lui démontre avec les comptes à l’appui. Cela ne suffit pas pour elle, sa remise en question reviendra plusieurs fois…. Donc je deviens con avec l’argent et me met à calculer. J’ai moins envie de lui faire plaisir, mon côté égoïste et protecteur (de quoi sera fait l’avenir ?) reprend le dessus.
  8. Ginette se dit reconnaissante dans notre couple. Or, en intimité et en société elle peut omettre mes efforts ou qualités, voir dire l’inverse. Par exemple : je suis un glandeur, je n’écoute rien, je suis désorganisé, égoïste… Ce qui me rend dingue car systématiquement ce sont des inversions accusatoires. Certes je ne suis pas blanc du tout, mais les choses qu’elle me reproche elle les faits en pire.
  9. Ginette me reproche de lui faire la gueule quand je suis contrarié. Evidemment puisque quand je lui évoque rationnellement nos difficultés et ce qui ne me va pas, ça ne lui plait pas du tout.

Même quand on ne s’aime plus, il faudrait tout accepter ?

J’en passe mais dans ce bourbier, il faudrait que je l’accepte inconditionnellement pour qu’elle soit heureuse. Je me doute bien que le problème est ailleurs. Son enfance et ses blessures ? Ma posture ? Les sévices de la théorie du genre sur nous ? Je vous assure que je tente d’être honnête avec moi-même et de ne pas en rajouter. Cela m’affecte un peu mais ma charge affective a été érodée par les multiples conflits.

Alors peut-être que on ne s’aime plus suffisamment pour passer sur tout cela et me lancer dans ses désirs. Avoir un enfant et prier pour que cela ne crash pas. Le bon sens me rassure malgré tout.

Moi je suis perdu, je me demande ce qu’est être Homme aujourd’hui. À ton test H/F je suis à 70H/30F et elle à 40H/60F. Pourtant, j’ai l’impression d’être avec un pote avec qui je suis en rivalité, c’est n’importe quoi ! J’aurais aimé qu’elle me laisse la place, l’autorité de freiner son hystérie (mélange de colère et d’irrationalité), sa sur-émotivité, d’avoir la reconnaissance d’un protecteur mais non.

Même si on ne s’aime plus comme avant, j’y tiens beaucoup à cette femme. cette problématique me taraude l’esprit : pourrais-je trouver une femme aussi ouverte d’esprit, réaliste sur le monde, avec ce grain de folie qui me sort de ma tanière, qui ne soit pas aussi H et hystérique à la fois ?

J’attire toujours des moineaux blessés

A savoir que j’ai un charme certain avec les femmes, je leur plais beaucoup. Historiquement, pas mal de copines des cercles d’amis avaient le béguin pour moi. Je suis dit bel homme, je parle bien, je parais confiant et j’ai une certaine finesse dans les interactions avec les femmes. Je ne veux vraiment pas me la péter, mais je ne souhaite pas nous plus passer pour un homme qui s’attache par peur d’être seul ensuite. Et donc devinez qui j’attire en priorité ? Les femmes qui souffrent et qui ont besoin d’être « guidées », protégées. Ce rôle me plait, c’est certain, sinon je ne me serais pas laissé être choisi par autant de femmes blessés…

J’espère sincèrement avoir un retour qui me gifle la gueule ou me conforte, peu importe. En tout cas votre travail d’analyse m’aide bien à avaler la pilule en mettant des mots sur des incohérences incroyables que nous vivons dans les représentations des hommes et des femmes. Merci !!

Bref, on ne s’aime plus et nous sommes en pleine séparation. Un homme (immature) ? et une femme (enfant ?) qui se cherchent et ne se sont pas trouvé ensemble. Même si dans le fond j’espèrerais que cela reparte de plus belle avec de profonds changements.

Bien à toi et à vous chers lecteurs,

Robert

Cher Robert,

On ne s'aime plus - couples sans amour : savoir quand l'amour est fini

Stéphane


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7 commentaires

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  • On ne s’aime plus… C’est surtout lui qui a changé depuis mon cancer du sein, ma libido est pratiquement nulle et il ne fait aucun effort pour me donner un peu de temps et de plaisir, il fait chambre à part, ne me dit pas quand il sort et n’a jamais envie de partir (faute de moyens) sauf si c’est avec sa famille ou des amis… Je suis épuisée à 67 ans et je n’ai pas assez de ressources pour divorcer… C’est très dur. Hélène.

  • Quand j’ai lu ton récit, je me suis dit que j’aurai pu en être l’auteur.
    Je me suis pas mal retrouvé dans le description de toi même et de celle de ton ex-compagne ainsi que de son enfance à la différence que les rôles étaient inversés pour ses parents.
    Ayant un esprit logique, je me suis entêté à penser qu’il pourrait y avoir des solutions pour régler ces problèmes.
    Au final tu finis par te rendre compte que la seule solution possible est la rupture.
    Étant donné que cet article n’est pas tout récent, ça m’intéresserait de savoir ce que tu es devenu depuis. Es-tu dans une nouvelle relation ? Es-tu toujours célibataire ?

  • Il est beau ce témoignage, plein de bienveillance pour soi même et la personne aimée, avec une distance qui paraît saine sur une situation qui elle a l’air plutôt agité. Avec de si bon yeux, il me semble que tu prendras de toute façon ce qui est bon pour toi de cette rencontre, et que tu te dirigera d’une façon ou d’une autre vers ce qu’il y a de meilleur pour toi.

  • Attention, faute de typo à la fin : « ne se sont pas trouvéS ensemble »

  • Certains aspects de ta relation ressemblent à la mienne (elle fait en pire ce qu’elle me reproche, je suis TOUJOURS, c’est à dire 100% des fois à l’initiative de quelque chose et quand je n’impulse rien c’est ma faute) mais j’ai plus de chance que toi avec son caractère.
    Avec ma petite expérience (j’ai 31 ans), je te conseille fortement de la quitter en lui disant ses quatre vérités, bien argumentées, pour qu’elle comprenne ton point de vu et s’en souvienne à l’avenir pour le prochain.
    En te lisant, j’ai fortement l’impression que, comme 90/95% des femmes d’aujourd’hui, elle est une complice passive de l’idéologie gaucho-féministe contemporaine malgré son attirance pour le non-conventionnel (paradoxe courant de nos jours qui me semble tout à fait coller à la mélenchoniste de base qu’elle doit possiblement être).
    Je pense qu’une fille avec ce profil ne PEUX PAS se remettre en question à moins d’avoir cumulé plusieurs échecs relationnels similaires. Elle n’est pas du tout mûre pour le type de relation qu’elle prétend vouloir et donc, tu n’a aucun avenir avec elle.
    Et la solidarité masculine devrait pousser le suivant à lui balancer à la gueule toutes ses contradictions au moindre écart « moral », mais bon, on peut toujours rêver !
    Bon courage l’ami !

  • Diagnostic psy potentiel de trouble de la personnalité borderline d’après ce que tu racontes.

    Barre-toi, c’est le plus simple. Sinon, tu peux lire des livres sur le trouble pour essayer de la comprendre, mais à quoi bon puisque vous ne vous aimez plus ?