La convergence des luttes aura t-elle lieu ? Cette question est sur toutes les lèvres, 3 semaines après la fameuse, l’historique date du 17 novembre 2018, lancement d’une série de manifestations surnommée « des gilets jaunes » et toujours en cours. Si la question de la convergence des luttes est importante, c’est parce qu’elle décidera probablement de la survie du mouvement dans les jours à venir. Quel rapport avec l’art moderne et l’art contemporain ? Encore un instant, vous allez comprendre

J’avais dit dans une vidéo préalable à cette 1ère journée de manifestation (et je le maintiens), que la dégradation de la situation économique des gilets jaunes était avant tout le retour de bâton tragique d’une série votes immatures. Pour paraphraser Jacques Brel : faut pas voter comme les riches, quand on n’a pas le sou. Le peuple Italien, encore lui, il a été plus mûr politiquement : il s’est gardé d’élire des dirigeants euro-béats, parce qu’ils ont compris que l’euro-béatitude marche main dans la main avec l’austérité

Je vous propose donc aujourd’hui, non pas une petite vidéo habituelle, mais un petit film, une sorte de court métrage onirique (poétique ?) en forme de dyptique : dyptique car il est à la fois le pendant à ma première vidéo sur la crise des gilets jaunes, mais c’est aussi un pendant socio-politique : avant la convergence des luttes, bien avant, bien en amont, il y a la convergence des crises, et avant cela la convergence des causes. Alors maintenant que vous avez le contexte, à votre avis, pourquoi suis-je en train de me promener dans une usine désaffectée ?

Le Kanal ~ Centre Pompidou, un musée d’art contemporain…

… au centre de Bruxelles, dans un garage Citroën

Parce que cette usine en apparence désaffectée, mais en réalité ré-affectée à l’art contemporain, se trouve être le symbole d’une des causes majeures du conflit des gilets jaunes : la désindustrialisation de la France. Et de ses voisins transfrontaliers. Une désindustrialisation entamée dans les années 70 après la mort de De Gaulle, avec 2 décisions stratégiques qui se sont percutées :

  1. le commissariat général au plan qui cesse de sponsoriser l’industrie électronique vers 1973
  2. la création des DRACs (directions régionales des affaires culturelles, financées par l’état) en 77, qui ont pour mission d’impulser des directions artistiques aux régions, et de présider à l’acquisition d’oeuvre en déléguant le jugement à un comité technique composé d’experts et de divers professionnels de l’art contemporain. À l’origine dépourvues de lieux d’exposition, les DRACs nouvelle génération sont en voie d’émancipation et, organisées en association nationale dite « platform » (en anglais s’il vous plaît, c’est plus artistiques), pratiquent désormais la réquisition d’anciens espaces industriels afin de permettre aux artistes d’essaimer leurs oeuvres à travers le territoire.

De cette percussion est jailli un bâtiment, symbole de la croisée des courbes : le centre Pompidou de Paris, commandité (coïncidence) en 73 et inauguré (coïncidence) en 77. Le lieu d’exposition ultime, une simili usine au coeur des halles avec structure apparente et même cheminées factices, une usine grandeur nature et qui ne produit rien, et qui n’est fréquenté qu’à 10% par des ouvriers

Le centre Pompidou de Paris essaime à travers l’Europe

40 ans plus tard, le centre Pompidou essaime à travers l’Europe, et j’arpente actuellement les allées de l’un de ses derniers rejetons en date. 16500m2 d’empreinte au sol soit plus des 2 terrains de foot, multipliés par 5 étages, l’ex plus grande usine automobile d’Europe, à la fois atelier de construction, réparation et exposition, construit par André Citroën lui même dans les années 30 et racheté en 2015 par la société d’aménagement urbain de la région de Bruxelles Capitale afin de remettre les bijoux de la couronne à une nième fondation pour l’art contemporain, la fondation Kanal, pour une « réhabilitation » qui devrait durer 5 ans, et qui parachèvera la gentrification du quartier. Une gentrification qui a déjà chassé nos gilets du centre ville par la prédation du haut, puis des banlieues par la prédation du bas, les assignant à résidence en zone périurbaine ou rurale, zones structurellement moins denses en emplois tertiaires, et dont la disparition des usines (une fermeture tous les 3j en moyenne depuis 10 ans) contraint les habitants à vivre toujours plus loin de leur lieu de travail.

Alors Art Contemporain = « art comptant pour rien » ? Pas vraiment, puisque le but de l’art contemporain c’est justement d’économiser de l’argent, soit en termes savant la défiscalisation. Et oui le saviez-vous, l’art contemporain est exonéré de l’ISF, profite d’un abattement sur les plus-values, est déductible du chiffre d’affaire des entreprises à hauteur de 5%, et pour finir de mettre tous ces chiffres en perspective (ou en abîme dirons le tragiques), il est souvent acquis avec le fruit d’autres opérations d’évasion fiscale à la moralité plus que discutable

Symbole de l’obscène sur lequel ma voix off va maintenant s’éteindre : une performance hydro-pneumatique installée dans les anciens vestiaires des ouvriers, consistant à actionner mécaniquement les portes de leurs casiers vidés, dans une cacophonie de grincements qui évoque les châteaux hantés, et que je laisse à votre libre appréciation.

Stéphane


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1 commentaire

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  • Fin du prolétariat et de sa représentation, qui n’a jamais compté mais a été conté comme classe qu’elle n’a jamais été par ses aspirants proprio qui pédalait du ressentiment & de la rage, Méchancon en est son dernier épiphénomène……..spectacle d’une société anonyme à responsabilité limité. Lisez Jean Pierre Voyer qui démolit Debord.
    http://leuven.pagesperso-orange.fr/enquete.htm
    J’aimerais faire un coaching avec vous sur ce délitement de représentation, intitulé Tintin chez les soviets..jaunes. Et puis un autre sur la cyprine des femmes fontaines que j’ai bu récemment….de l’eau bénite qui fait fondre dans tous les sens
    Respect à vous
    Georges Dubuis