Vous en conviendrez, cet article se dispensera d’une longue introduction. Les français, les Européens, les occidentaux en général étant enjoints dès aujourd’hui et par décret à recourir autant que possible au télétravail pour décharger leurs révérés open spaces des miasmes du virus inoculé par les Chinois à la planète entière en ce début 2020.

Je laisserai aux professionnels de la santé et de l’information (voire à ceux des deux à la fois, comme l’illustre brillamment le bon docteur Cymès depuis le début de la crise) la prérogative de vous informer sur ce qu’il convient de faire en cas d’urgence sanitaire, me contentant d’apporter au moulin ma modeste expérience de (disons, pour simplifier) entrepreneur web.

De facto, je télétravaille à l’organisation de mes conférences, séminaires, ainsi qu’à l’écriture de mes livres et (désormais) à la gestion de ma boutique de formations en ligne depuis mai 2006, soit depuis la préhistoire d’internet.

1. L’état de grâce de ceux qui (re)découvrent le plaisir d’être chez eux…

Le premier vrai problème avec le télétravail n’en est tout simplement pas un : le télétravail c’est d’abord, les premiers temps tout du moins, la révélation divine qu’en entreprise une bonne moitié des tâches qui vous incombent sont politiques, managériales, appelez-les comme vous voulez, mais surtout dénuées de tout intérêt productif.

Il est tout fait possible – c’est même le cas le plus fréquent – de rentrer épuisé du bureau sans rien y avoir produit de concret sinon vous démener entre les retards des uns, les non-réponses des autres et les caprices des troisièmes ; bref tous ces collaborateurs dévoués avec lesquels vous représentez « les forces vives » sur la photo annuelle de l’entreprise (et dans la tête de votre conjoint). Dans le jargon, on les appelle des collègues.

Première conséquence directe du confinement, donc, et observable en quelques heures sans l’oeil de lynx du professionnel : on en fait bien plus (et bien plus vite) en télétravail depuis sa cuisine, le fond de son lit ou la cabane au fond du jardin que depuis les locaux ultra équipés, connectés, réfrigérés et loués à prix d’or par la maison mère qui salarie chaque mois votre pointage quotidien.

Sans parler du plaisir sacrilège de l’impunité : répondre à ses collaborateurs – a fortiori à son donneur d’ordres – incognito depuis la cuvette du gogue, délivré de l’oeil inquisiteur du tiers, est un plaisir dont les premières expérimentations confinent à la jouissance pure et simple.

Seul (ou presque) chez vous, rasé de l’a(vant) veille, vêtu d’un caleçon délavé, d’une paire de chaussettes de foot Décathlon et de votre gilet de bricolage préféré* vous êtes libre de convoyer votre PC dans la cuisine, le grenier ou de trôner au milieu du salon.

D’un « Ctrl + D » (alternativement « pomme + entrée » pour les macs), vous catapultez courriel sur courriel avec la maestria d’un livreur Deliveroo slalomant remontant une file de voitures par la droite.

Sous la pulpe de vos petits doigts courbés, vous éprouvez la petite jouissance démiurgique d’être un imposteur 2.0. Une sorte de mini Madoff en pyjama.

La bonne surprise avec le télétravail

Mais voilà, la routine se charge toujours de tout faire rentrer dans la norme, et passées les premières journées où vous avez – il faut l’avouer – convenablement donné le change, le constat tombe : il reste de longues, d’innombrables semaines à tenir, vous avez fait le tour de cette nouvelle expérience, vos journées ont des relents de désert des Tartares et les murs de votre chambre semblent se rapprocher insidieusement un peu tous les jours.

Ce qui vous semblait évident la semaine passée est aujourd’hui remis en question : est-on vraiment fait pour vivre chez soi, et a fortiori pour y travailler ?

Tout le malheur de l’homme vient de ne pouvoir rester seul dans sa chambre, là où est sa place.

Le Parfum, histoire d’un meurtrier (1985) de Patrick Süskind

*faute d’imagination, je me borne à décrire ma propre personne à l’instant où j’écris ces lignes

2. …ne dure généralement pas très longtemps et cède la place à une triste angoisse du vide

Amis claustrophobes bonjour

Finalement, le télétravail c’est un peu comme le célibat retrouvé après des années de cohabitation contre nature : les premiers jours de liberté sont un rail d’oxygène pur en intraveineuse mais certainement pas représentatifs des semaines à venir. Or c’est dans les semaines à venir que tout va se jouer.

Parallèle télétravail / célibat

Le piège de la maison, ou l’île de la tentation qui se referme sur vous

Le fameux oeil inquisiteur 👁dont nous parlions plus haut, il n’avait finalement pas que du mauvais : en exerçant sur vous un contrôle coercitif doux, la présence de vos collègues dans l’open space vous contraint, à défaut d’une productivité optimale constante, du moins à une posture de productivité minimale : en public vous ne pouvez ni vous défroquer, ni rendre visite au frigo 4 fois par heure, et encore moins décider de lancer un mp3 pleine balle sur vos enceintes « pour vous vider la tête ». Ni vous rouler un joint, ni une partie de cinq contre un à la Benjamin Griveaux, ni [liste non exhaustive].

Chez vous et en l’absence de notre ami 👁, tout ceci est non seulement possible mais permis, et donc bien tentant. Dans ces conditions, je suggère le pragmatisme :

Éloignez (voire, annihilez) les sources de tentation trop faciles

Votre premier ennemi : le frigo. Le grignotage c’est toujours ce qui survient en premier dès lors qu’on s’ennuie (avant la Benjamin Griveaux).

J'ai grossi en télétravaillant de chez moi

Le meilleur (et le seul) moyen de résister à la tentation étant de ne pas avoir les moyens d’y céder, commencez par vous débarrasser de ce qui vous fait craquer à tous les coups. Résister, c’est fatiguant et vous avez besoin de votre énergie ailleurs.

Vous avez un faible pour les biscuits salés ? Ne les stockez pas à portée de main. 8, 12, 16h passées chez vous dans la journée : tendanciellement, dans le bras de fer mental biscuit / volonté, c’est presque toujours le biscuit qui gagne.

Souvenez-vous : les Monster Munchs ne sont pas vos amis (ceux de votre diabète, à la limite). Ne stockez pas chez vous ce à quoi vous savez ne pas résister. Vous avez besoin de votre énergie ailleurs.

Le temps est élastique quand on travaille de chez soi

Les nouveaux corona-télétravailleurs (bienvenue 👋) auront bien le temps de parvenir à ce constat : les journées sont extensibles, et s’étendront proportionnellement à la mesure des tâches auxquelles vous allez vous atteler.

Moins vous faites, moins vous avez de temps (et plus les journées raccourcissent). Plus vous faites, plus vous ralentissez le temps (et plus les journées s'allongent subjectivement).

Vous ne pourrez pas écarter les murs de chez vous, vous pourrez par contre donner du rythme à votre temps :

  • en évitant de « prendre racine » dans une posture donnée pour plus d’une heure ou deux,
  • en vous fixant des horizons temporels relativement rapprochés : « à faire avant ce soir » c’est bien, mais « à finir pour dans 1h » c’est beaucoup, beaucoup plus efficace

La posture, un choix de vie

J’ai vainement tenté de démontrer le contraire pendant mes premières années de travail à domicile, mais l’idée de produire durablement et efficacement depuis son lit, une chaise longue, ou toute variation autour de la position couchée doit rester au stade d’idée. Pratiquement, ça ne fonctionne pas et contribue surtout à créer les conditions de l’assoupissement.

Étirez-vous, lovez-vous par terre aussi fréquemment que désiré (toutes les heures au besoin), mais quand vous « vous y mettez », vous « vous y mettez » pour de bon. Assis (ou debout) à un bureau dont vous aurez un peu réfléchi à l’ergonomie (réhausseur d’écran, hauteur de table, hauteur de siège, éclairage, etc.)

Saucissonnez vos journées de télétravail

Le paradoxe du fumeur

La surproductivité des fumeurs dans le monde dans l’entreprise a été scientifiquement confirmée à de multiples reprises ; la nicotine ne décuplant pas, en soi, les facultés cognitives ni conitives , d’où proviennent donc ces réserves insoupçonnées de productivité, sinon du fait que la première conséquence concrète de l’addiction à la cigarette est de morceler un « tunnel de travail » de 4 ou 8h d’affilée en autant de mini tunnels d’1h à 1h30 maximum ? La contrainte de temps et son corollaire l’horizon temporel restreint sont de loin la meilleure garantie de dépoter tout au long de la journée sans forcément ressentir de surcroît d’effort ou de fatigue.

Le paradoxe du fumeur, c'est qu'il travaille (un peu) moins dans l'absolu, et en fait tout autant (voire plus) que vous. Il est donc meilleur.

Non-fumeurs : « piégez-vous » de la même façon. Plafonnez votre horizon temporel en instaurant l’équivalent des pauses-cigarettes régulièrement au cours de votre journée. Exemples

  1. rappeler X dans 45 minutes (j’ai promis),
  2. me rendre chez Y avant la fermeture (chercher les horaires exacts de fermeture),
  3. commencer Z avant 16h30 parce que je vais avoir besoin du concours de Pierre Paul Jacques qui ne sera plus disponible après*

*ou bien parce que le jour tombe et que j’aurais une image de merde en vidéo, dirait un sociologue à lunettes bien connu sur ce blog.

3. Autres conseils tirés de 15 ans d’expérience du télétravail

Je marque symboliquement le début et la fin de ma journée de télétravail

Par exemple en m’habillant / me maquillant (inclusivité bla bla) le matin comme si j’allais à la rencontre de clients ou de collaborateurs, ni plus ni moins. Ce qui me donnera la double opportunité de :

  1. décourager l’avachissement sur l’édredon ou le canapé du salon pendant les phases inévitables de découragement (je m’avachirai d’autant moins que ma tenue ne m’y invite pas – j’ai habillé des hommes pendant plus de 10 ans, je peux vous assurer que l’on se tient fonction des vêtements que l’on endosse)
  2. marquer symboliquement le coup de la fin de votre journée de travail, le plus gros piège tendu à celui qui travaille non seulement à son compte mais aussi de chez lui étant de ne jamais s’arrêter dans la mesure où son gain est directement proportionnel au temps passé devant son PC.

Dès l’instant que vous vous mettez à l’aise, vous vous interdisez de rouvrir vos dossiers jusqu’au lendemain sauf en cas d’urgence. Un rituel d’habillage anecdotique, voire futile dirons certains, mais dont les effets sont incontestables (et incontestés) chez tous ceux qui font l’effort de s’y livrer.

Vous ne serez pas durablement productifs en slip dans votre salle de bains. Sans compter que vous risquez de vous électrocuter.

Quand je bute sur une difficulté et que personne ne peut m’aider, je change de tâche

Mon professeur de latin au collège, Mr Montagner (paix à son âme) aimait nous raconter qu’à chaque retour de vacances (où le latin était pourtant bien, je vous l’assure, la dernière de nos préoccupations), nos copies montraient toutes des progrès significatifs.

Sa thèse saugrenue voulait que le cerveau, occupé à jouer sur la plage ou devant un écran, avait tout de même un fond de réserve disponible pour classer grammaires et conjugaisons latines avec une précision et une patience toute documentalistes, dans la perspective incertaine d’un hypothétique réemploi futur.

Je n’ai plus jamais parlé latin, mais je peux néanmoins témoigner de l’existence de ce cerveau de réserve pendant des tâches aussi improductives que la cuisine, le repassage ou toute autre activité domestique.

Je me charge le matin avec les défis de la journée, j'avance autant que possible dans leur résolution, et quand je bloque je mets en pause pour aller faire autre chose de manuel, pendant lequel mon esprit continue de démantibuler le rubix cube. 

Je fais le plus difficile au début de la journée

Je ne m’y étendrai pas outre mesure, y ayant déjà consacré l’intégralité d’un podcast vip, mais s’il n’y avait qu’un conseil à retenir au domicile ou en dehors ça serait celui-ci : commencez votre journée par les tâches qui vous angoissent le plus, ne laissez jamais l’anticipation d’un email douloureux ou d’un coup de fil angoissant fermenter toute la journée, a fortiori dans un contexte de confinement.

Comme dirait Boris Johnson : just get - it - done

Je me réserve des récompenses

De la même façon que je m’impose de me débarrasser aux premières heures du jour de ce qui risquerait de m’encombrer toute la journée, je choisis de ne pas m’offrir ce qui me fait trop plaisir sans me l’échanger contre un certain effort. C’est donnant / donnant.

Un appel à un ami bout-en-train, une pâtisserie de mon pâtissier préféré, une heure de chine d’articles vintages sur ebay (au rapport depuis 1999💪, 100% d’évaluations positives en 20 ans qui dit mieux) dans un état de semi-somnolence, un ping-pong de sextos, que sais-je : monnayez votre propre motivation et régalez-vous quelques douceurs en cours de journée selon votre propre degré de satisfaction.

Ma journée est réussie quand j’ai achevé (au moins) une tâche

Vous verrez, débarrassé de toute la chienlit du la gestion improductive propre au bureau traditionnel, vous allez rapidement être en mesure d’abattre tout seul et de chez vous l’équivalent du travail de deux ou trois employés. Grisé par cette nouvelle (mais très relative) toute puissance, vous risquez de céder aux sirènes de l’exagération et de vous épuiser à la tâche.

Souvenez-vous, rien n’indique que cette pratique du télétravail généralisé soit temporaire, il est tout à fait concevable qu’elle s’installe dans le temps, alors ménagez vos efforts pour durer. J’en parle en connaissance de cause. Appliquez-vous la règle suivante, c’est la plus simple, la plus sincère et la plus vraie qui soit :

Si j'ai réalisé (i.e achevée, relue, contrôlée, 100% parfaite) une seule tâche aujourd'hui, alors je n'ai pas perdu ma journée. En une (vraie) tâche par jour, j'accomplis des miracles sur l'espace d'une année.
Résumé

Il y a bien plus à en dire, mais comme d’habitude, c’est dans mes contenus payants. En l’occurence dans le séminaire productivité. Disponible en téléchargement immédiat

Stéphane Edouard


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