Le cercle des poètes disparus a t-il condamné une génération à la mort sociale, par Basile



Pour rendre un modeste hommage au regretté Robin Williams, j’ai revisionné pour la première fois depuis sa sortie le fameux Cercle des poètes disparus. La rébellion, la non-conformité, la défiance, le non-respect des règles, l’originalité sous toutes ses formes ont été le fond de commerce de cet acteur tout au long de sa carrière.Depuis Good Morning Vietnam à Mrs Doubtfire en passant par Good Will Hunting, quasiment tous ses films s’articulent autour du concept de l’individualité en suggérant que la seule chose importante, c’est d’avoir sa conscience pour soi.

Invariablement, les films se referment sur un bref épilogue où les personnages repartent vers de nouvelles aventures, bien que broyés au passage par le système. Un peu comme à la fin d’un conte de fée, « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Ce qui m’a révolté cette fois en regardant l’histoire du professeur Keating, ça n’est pas le tragique destin de Neil, mais bien le fait que ce film perpétue la thèse de l’innocuité du non-conformisme. A grand renfort de Carpe Diem, on nous explique que ce qui importe, c’est d’être un libre penseur, qu’importeraient les conséquences ; on trouvera toujours un moyen d’en sortir la tête haute, pourvu qu’on vive selon ses principes.

Il se trouve que j’ai longtemps vécu « selon mes principes ».

La morale du cercle des poètes disparus: vivre selon ses principes

En seconde, croyant que la règle d’arriver à l’heure s’appliquait à tous, j’ai fait remarquer à ma prof de français qu’elle avait un retard cumulé de 9h50 en deux trimestres. J’ai été exclu trois jours par le proviseur qui a avoué, désolé, à mes parents qu’il avait connaissance du problème mais qu’il ne pouvait rien faire d’autre que me renvoyer.

Heure par heure

En math sup’, la règle de l’excellence voulait que la moitié supérieure des étudiants passeraient en math spé’. Etant deuxième sur plus de soixante élèves, je ne m’attendais pas à ce que le fait d’avoir pris des libertés avec l’emploi du temps me serait reproché, puisque seul le classement comptait.

J’ai donc été exclu « élégamment » par courrier une fois l’année terminée, sans avoir fait les démarches pour avoir des équivalences, ni passer de concours (petites mines, pour ceux qui connaissent). Je suis allé refaire une première année à la fac où j’ai eu sur l’année 19,5 en math et 19,75 en physique, c’est vous dire si je méritais d’être exclu. Selon la logique du Cercle des poètes disparus, je méritais une mention, pas l’exclusion.

Jour par jour

Lors de ma soutenance de stage en dernière année d’école d’ingénieur, je croyais que le but du jeu était de démontrer l’étendue de mes connaissances académiques.

Je ne dois mon diplôme qu’au seul fait que mon maître de stage était prêt à m’embaucher, seule information qui intéressait l’école. L’examinateur a carrément passé le coup de fil devant moi séance tenante.

Piston : 1 – Cercle des poètes disparus: 0.

Année par année

Un jour, devant le maire, j’ai prêté serment de fidélité. Pour le meilleur et pour le pire. Et j’ai tenu bon(bon), avec le résultat que vous imaginez.

J’ai aussi appelé la police pour régler des litiges et me suis retrouvé face à des agents qui me suggéraient que réunir quelques potes pour aller casser la gueule aux fauteurs de trouble serait plus efficace. Et j’en passe, et des meilleures…

Tout ça pour « avoir ma conscience pour moi ».

Sa conscience pour soi ? Mais pourquoi faire ?

Naturellement, la seule conséquence systématique d’avoir agi selon mes principes à été d’avoir à payer les pots cassés. Mais revenons à Robin Williams et à notre fameux cercle des poètes disparus.

Cette théorie étrange qui voudrait qu’en respectant la loi et en utilisant les rares espaces de libertés comme on l’entend, on arrive à vivre selon ses principes sans conséquence est plus insidieuse qu’il n’y parait.

Qu’il s’agisse d’aller jouer du saxophone en récitant des poèmes dans une grotte, jouer des pièces de théâtre ou faire cours sur un stade de foot, on pourrait considérer qu’il s’agit du simple exercice des libertés de chacun dans le cadre des règles fixées la société, l’école, la famille.

On pourrait penser que seule une méchante institution antique des années 50 peut faire ce qui est montré dans le cercle des poètes disparus. Au final, dans ce film, ceux qui se plient au système subsistent, et ceux qui refusent de courber l’échine sont exclus (au mieux) ou meurent. Pour l’innocuité, vous repasserez. Mais soyez rassurés par cette scène finale des élèves qui bravent l’interdit en montant sur les tables pour déclamer « Oh Captain, my Captain ! », les libre penseurs ne sont pas mort et ont encore de beaux jours devant eux. C’est du sarcasme, naturellement.

La seule vraie règle qui fonctionne dans 100% des cas, en relations humaines

Nous devons cette règle à l’armée. Elle a au moins ce mérite de dire très sobrement et au premier degré :

  1. Le chef a toujours raison

  2. Même quand le chef a tord, le chef a raison

Je vous avoue être perplexe, car, père de deux enfants, je dois à mon tour choisir de perpétuer la bêtise niaise de préférer ses principes à l’intrigue. Sur le papier, j’ai tout fait « comme dans le manuel » et je suis aux premières loges pour juger du résultat lamentable des stratégies du type « passe ton bac d’abord ».

Un tiers des 500 plus grosses fortunes mondiales n’ont pas l’équivalent du bac. L’ironie du sort et les mathématiques me permettent de calculer que, faisant partie des 80% d’une classe d’âge qui a le bac, j’ai ainsi statistiquement moins de chance de faire partie un jour du Fortune 500 que n’importe quel mec qui était avec moi en 5ième et qui a arrêté ses études avant. J’en rirais si ça n’était pas si triste.

Pour avoir fait maintes fois les frais de « la fin justifie les moyens » tout en ayant raison sur le fond, je ne sais pas quoi dire à mes enfants. Et comme si l’actualité cherchait à alimenter mon trouble, il semble que même en sport, devant des millions de téléspectateurs, il ne suffise plus d’arriver indiscutable premier à la loyale. Et ça, comment vous l’enseigneriez, si c’était vos enfants ?

Et pour un décrassage accéléré des (mauvais) enseignements des parents et de la société, écoutez le séminaire ce que vos parents auraient dû vous apprendre, par Stéphane !


SEMINAIRE SUR CE THEME
- Commandez le séminaire "Décodez le langage des femmes"
  1. Consolidez les relations et épanouissez-vous en couple
  2. Gagnez en intelligence sociale et en aisance relationnelle
  3. Décodez la psychologie féminine comme un livre ouvert
  4. Découvrez les petits secrets des hommes séduisants
SEMINAIRE SUR CE THEME
- Commandez le séminaire "Se faire respecter"
  1. Devenez plus écouté, plus intéressant et plus charismatique
  2. Ayez confiance en vous pour oser plus
  3. Décrochez enfin ce que vous méritez
  4. Faites-vous enfin respecter
  5. Assumez et développez votre masculinité

29 commentaires

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  • L’ironie de l’ironie c’est de prôner la conformité et de se plaindre ensuite que d’avoir son bac (en toute conformité avec ce que l’on nous enseigne donc) réserve moins de chance d’être ultra riche. Faut un peu rester logique quelque part …

    Note 1 : Robin Williams s’est suicidé. Rien que ça, ça devrait pointer la baleine sous le gravillon.
    Note 2 : c’est une finalité le classement dans F500 ? On y vit mieux ?

  • Salut ,

    Pour être honnête , j’ai jamais vu ce film et ne le verrais jamais.

    Une bande de babtou (amé-)ricain pseudo « high flyer » (http://fr.urbandictionary.com/define.php?term=high%20flyer) qui se prenne pour les nouveaux apôtres de la morale. Ha ha.

    Je le savais à l’adolescence que c’était de la science-fiction mais là confirmation ultime , je ris et je ris

    Vade rétro navet.

    Ha ha.

  • « dans la réalité la jeune fille serait restée avec le gros balaise »

    [attention second degré haha blague humour]
    Je rappelle l’exception de la théorie de l’échelle : l’outlaw biker :)
    Sans compter le potentiel de salope ninja qui sommeille en chacune de nous :)

  • Lorsque j’étais ado, j’ai regardé ce film des dizaines de fois. Moi aussi j’ai voulu me la jouer « poète disparu » avec les filles, et devinez quoi ? C’est le succès auprès d’elles qui a effectivement disparu (sachant qu’il n’était pas spécialement présent au départ).

    Un peu plus tard, à la fac, un prof de « philosophie de l’éducation » nous avait dit – sans vraiment nous dire pourquoi – que ce film était « le plus démagogique du monde ».

    Aujourd’hui je suis marié, j’ai 38 ans et j’ai 2 enfants, et je comprends (enfin je crois) un peu mieux ce qu’a voulu dire ce prof. Se rebeller histoire de se rebeller, en faisant fi des règles de vie en société, est une idiotie totale.

    J’aurais préféré, étant ado, trouver quelqu’un qui m’ouvre les yeux sur les règles (officielles ou tacites), plutôt que tomber sur ce film qui m’a clairement induit en erreur. Qu’on le veuille ou non, il y a toujours des règles. Lorsque Henry David Thoreau (cité dans le film) part vivre dans les bois, il a peut-être pris du recul face aux lois sociales, mais il se confronte alors aux lois de la nature. Pour revenir au film, dans la réalité la jeune fille serait restée avec le gros balaise, et n’aurait pas cédé aux avances du poète.

    L’enjeu est de connaître les règles (rien que cela c’est énorme, c’est pourquoi il y a des sites comme celui-ci), et d’être capable de les appliquer selon ses objectifs, sa personnalité et selon son projet de vie.

    Après, le propos initial de l’article, il me semble, était la transmission aux enfants de la question des règles, sachant que parfois, à trop les respecter on devient perdant (effectivement je répète souvent à mon grand d’être gentil avec les copains, mais en même temps je suis rassuré de voir qu’il ne se laisse pas marcher sur les pieds).

    Ma conclusion sera celle qui revient souvent sur ce site : appliquer les règles mais avec subtilité, et toujours en fonction du contexte.

  • Eh oui Basile, moi aussi je vis selon mes principes, et quand mon boss m’a insulté, j’ai eu la réponse spontanée et automatique « je démissionne ».

    Quand un autre boss commençait à me les casser en changeant du jour au lendemain l’emploi du temps, que j’ai fait face et qu’il m’a dit que j’étais viré, le tout s’étant passé au téléphone, je lui ai raccroché à la gueule.

    C’est tout. Tout le reste c’est de la branlette et de la servitude.

  • Tu me diras quelque part que le sujet n’était pas ,super, bien bordé ;)

    Je pense que j’ai du mal m’exprimer car tu n’as pas compris où je voulais en venir.

    Si tu devais dire un truc à tes enfants , c’est qu’il faut suivre les règles mais pas si les règles se retournent contre toi, non ?

    Prenons ta question

    La question, c’est « oui, la règle c’est que tu dois pas te battre à la récré, mais la réalité, c’est que la règle ne t’empêchera pas de te faire dérouiller régulièrement à la récré s’il n’y a que toi qui la respecte »
    Et c’est ça qui est compliqué à expliquer aux enfants, puisque l’enfant à le choix de comprendre :
    – la règle est mal faite (mal interprétée)
    – la règle n’est pas appliquée (oui)
    – la règle ne sert à rien (pas forcément)
    – mon éducation/mes principes m’exposent à me faire dérouiller (pas du tout)
    – mon éducation n’est pas la bonne (des améliorations peuvent être apportés)
    – mes principes ne servent à rien (là aussi , des améliorations peuvent être apportés)

    Je dirais plutôt : Comment expliquer à l’enfant qu’il doit de comprendre la situation dans laquelle il évolue , avant de faire parler ses principes (ou pas) ?

  • Finalement, la discussion a dérivé sur les principes, alors que je parlais surtout des règles de la société.

    In a nutshell, tu crois que si tu respectes les règles « officielles » tu peux faire ce que tu veux de ton temps libre et de tes espaces de libertés. La réalité, c’est qu’il y a toujours une règle qui sort du chapeau pour t’expliquer qu’en fait non, même dans tes espaces de liberté tu fais pas ce que tu veux.

    La question des principes, c’est surtout : Dois-tu respecter une règle qui changera de toute façon le jour où on considèrera qu’on doit te mettre au pas ?
    Les principes, c’est la trame de fond, mais c’est pas la question.

    La question, c’est « oui, la règle c’est que tu dois pas te battre à la récré, mais la réalité, c’est que la règle ne t’empèchera pas de te faire dérouiller régulièrement à la récré s’il n’y a que toi qui la respecte »
    Et c’est ça qui est compliqué à expliquer aux enfants, puisque l’enfant à le choix de comprendre :
    – la règle est mal faite
    – la règle n’est pas appliquée
    – la règle ne sert à rien
    – mon éducation/mes principes m’exposent à me faire dérouiller
    – mon éducation n’est pas la bonne
    – mes principes ne servent à rien

    Bref

  • Il y’a une chose que je voulais rajouter et une chose que je voulais corriger.

    Plus jeune j’ai eu de telles attentes par rapport aux gens, on croit que moi c’est eux. Mais plus on avance, plus on accepte les gens qu’on rencontre comme ils sont. On accepte les gens relaxs qu’on croit être indolent , les « poignardes-dans-le-dos » qui en fait ne sont qu’avec toi dans une alliance temporaire de vie cad que vous n’avez pas les mêmes valeurs de vie et que vous ne resterez pas dans le même wagon de vie , toute votre vie.

    Mes principes m’appartiennent. Je ne peux pas vouloir que mes règles du jeu soient les règles du jeu d’une autre personne car l’éducation , la vie que j’ai eu et que j’ai sont juste le reflet de tout cela. Même mon frère qui pourtant a eu la même éducation que moi , a une vision différente du monde de moi.

    Les principes oui , tant que ça te convient et que tu les portes comme tu le souhaites avec les conséquences inhérentes et la tolérance que ce monde est informe et que nos principes ne sont pas au goût de tout le monde.

    Ma correction : Je voulais dire dans mon post précédent « Certains choix seront beaucoup plus difficiles à prendre »

    Bon courage pour tes enfants.

    Peace out , Basile.

  • Salut Basile ,

    Aucune agressivité , nous sommes d’accord , nous discutons.

    Oui , mon pote n’a pas de familles et à donc plus de facilité à bouger. Mais , soyons honnête , ce n’est pas parce que tu es seul que tu as envie de bouger.

    Regardes les gens autour de nous , tous ces céli-battants , qui restent le derrière vissé à une chaise et en regardant les jours s’envoler. Je ne peux pas dire s’il a raison mais j’apprécie le courage qu’il a de ne pas se soumettre par principe. Peut-être qu’il ne se passera rien au final , peut-être qu’il se fera mettre prof**** comme tu le dis. Peut-être.

    Est-ce pour cela qu’il ne doit pas tenter et subir comme la plus part de ces cols blancs ?

    Pour Edward Snowden … je pense que Manning était déjà en cours de persécution avant qu’il fasse son coup.
    Manning qu’on a utilisé , comme le pendu qu’on a mis à l’orée du village, pour bien te faire voir les conséquences de dévoiler des secrets d’état. Alors je pense que Snowden était bien conscient de ce qui l’attendait.

    Maintenant, si tu étais trader, tu ne parlerais pas de principes et d’ailleurs , je pense pas que tu écrirais un article sur les principes
    .
    Un pote , enfin une connaissance maintenant et anciennement trader, avait osé tenter de me faire la morale (NDmaR: Quel auguste conn***d). Ce que je lui ai rétorqué , « tu veux m’inculquer des principes de vie alors que tu as fais dévisser la £ et qu’à cause de toi , des gens se sont pendus car ils ont perdus les économies de leurs vies ? Mais c’est l’hôpital qui se fout de la charité ? » Comme tu peux t’en douter , on ne se parle plus trop… mais bon tu peux t’en douter, c’est un gain pour moi.

    Ta vie , elle est ce qu’elle est. Pas mieux , pas pire que la nôtre. Si elle était pire , tu n’écrirais pas ici.

    Maintenant, moi , moi et moi, je pense qu’avoir des principes , je suis pour. Tu avales moins de couleuvres que Cécile Duflot , tu dors mieux , tu vieillis moins vite , tu fais moins de dépressions nerveuses et tu deviens moins c** avec l’âge. Maintenant, les principes doivent être en phases avec la réalité. Si je trouve un paquet de tickets restos par terre , ben désolé ! Mais bibi les prend, les garde et je vais aller faire un de ces gueuletons , moi et mes potes , que tu n’imagines même pas.

    Par contre, quand je trouve un Iphone 5s, désolé mais je le rends à son proprio.

    Les quelques exemples que j’ai donné , iphone et tickets restos , sont menus. Certains choix seront beaucoup moins difficiles à prendre car ils impliqueront des conséquences plus dramatiques. Et dans ces cas, le principe n’est plus uniquement un principe mais d’avoir le Courage de vivre le principe que l’on a définit comme un code de vie.

    My 2 cents.

  • C’est quand même marrant, on ne peut pas dire « j’ai statistiquement moins de chance d’accéder au fortune 500 » sans que tout le monde croit que c’est mon objectif.
    Ca n’est pas mon objectif.

    Ce qu’il faut comprendre de ce que j’ai dit, c’est qu’on nous explique à longueur de temps que faire des études vous aidera à devenir « riche ». En ce qui concerne le F500, je maintiens : statistiquement c’est faux.

    Alexandre, ce que tu dis, ça ressemble au pari de Pascal. Dans le doute, faisons des études…
    « Globalement, ceux qui font des études réussissent mieux (socialement j’entends) que ceux qui n’en font pas. Point à la ligne. »
    Says who ?

  • Article intéressant, même si l’argument de la fin sur les 500 plus grosses fortunes ne tient pas à mon sens.

    Globalement, ceux qui font des études réussissent mieux (socialement j’entends) que ceux qui n’en font pas. Point à la ligne.

    L’objectif de tout homme (sain d’esprit) ne devant pas d’être parmi les 500 plus grosses fortunes du monde.

    En somme,il vaut mieux faire des études. Ca ouvre plus de portes, surtout en France. Pays élitiste, et de castes sociales.

  • @Andy
    Et ton pote, maintenant, il fait quoi ? Il élève des chevaux en Argentine avec Florent Pagny ? Laisse moi deviner, il a moins de 28 ans, ses parents sont là au cas où et il n’a ni meuf ni enfant ? :)
    Je dis ça sans agressivité, mais tu reconnaitras sans doute que la suite, c’est probablement :
    – Chercher un autre job
    – Se rendre compte que c’est partout pareil, éventuellement démissionner encore une fois ou deux « par principe »
    – Rencontrer une meuf, faire des gosses, prendre un crédit pour s’acheter un pavillon en banlieue
    – Et là, d’un seul coup, découvrir que les principes, ça paye pas les factures.

    Là où tu penses que Edward Snowden savait ce qui l’attendait et a fait le valeureux pourfendeur de torts, je crois, moi, qu’il a cru que l’intérêt supérieur du peuple jouerait en sa faveur et que tout le monde (le système y compris) lui en serait reconnaissant.
    Sa cage dorée, je mets ma main à couper qu’aujourd’hui, il l’échangerait bien contre « je ferme ma gueule en échange d’un condo sur Park & Ve »

    Quelques-uns des lecteurs semblent faire un contre-sens en me lisant comme si j’étais Jessica-15-ans-révolté-contre-les-massacres-de-bébés-phoques. C’est l’inverse, j’ai « compris » le système après avoir été élevé dans les « principes ».
    Et comme je vois l’effet pernicieux et contre-productif des principes sur ma propre vie, je me demande quoi enseigner à mes enfants. La « beauté » des principes, ou le réalisme du système ?

    Maintenant, la vraie question, c’est :
    – Mon raisonnement aurait-il plus de valeur si j’étais un trader qui a réussi en bourse ou si j’étais au contraire en marge de la société.
    – Est-il absurde d’imaginer que le contre-sens vient de ce que vous imaginez qu’est ma vie aujourd’hui ?

    (à l’écrit c’est pas toujours évident donc je précise, je n’agresse personne, hein, on discute)

  • @kindoftrue

    pas d’accord
    la regle dans notre société c’est l’immoralité. seule reste la justice qui par son inlfation de lois tente de pallier cet etat de fait.
    si tu est moral dans une société immorale (en tous cas dans tous les lieux avec enjeu de competition) tu es perdant car plus retors que toi sera gagnant (parfois meme a la limite de la loi)

  • Bonjour Basile ,

    Le propos de Laurent est incisif mais je suis d’accord avec lui. Vivre avec ses principes , ce n’est pas les exemples que tu as tiré.

    Vivre avec ses principes , c’est faire comme Edward Snowden qui va sans doute vivre dans une prison dorée pour le reste de sa vie.

    Vivre avec ses principes , c’est comme mon pote qui vient de donner sa démission car il n’était pas d’accord avec ce qui se passait dans sa boîte alors qu’il n’a pas de filet de secours.

    Je pourrais continuer mais quelque part; tout a été dit non ?

    +++

  • Bon ben, comme vous l’aurez vu, mes interventions abondent dans le sens de Laurent, et j’irais même jusqu’à faire mention de Monsieur Soral, ancien authentique dragueur (et pas séducteur hein) et, par conséquent, archétype du libre penseur.

    Sur la citation de Basile, c’est simple : puisque les gens citent Oscar Wilde et Nietzsche à tort et de travers, je ne citerai jamais ces deux personnages.

    (enfin pour Nietzsche, peut-être un peu hein, mais entre lui et Jésus-Christ, y’a pas photo)

    ;)

  • Comme quoi, même père de 2 enfants avec l’âge que cela suppose, cela ne nous rend pas plus intelligent.
    C’est navrant cette image réductrice et ces conclusions hâtives et dénuées de sens qui sont faites dans cet article.
    Surtout en exprimant des passages de sa vie, bien ciblés et hors propos. Ce n’est pas parce que tu vas aller chier devant le bureau du proviseur que tu montres que tu es un libre penseur. Un anarchiste au mieux. Libre pensée ne veut pas dire l’opportunité de faire n’importe quoi. C’est pour ces raisons que je dis que soit tu n’as rien compris au film, soit ton cerveau a grille.

    D’ailleurs, par définition un player est un libre penseur puisqu’il se refuse de correspondre à une image sociale.
    Le film présenté ici n’est pas la bénédiction de la libre pensée car il n’aurait jamais passe le filtre hollywoodien (libre pensée contraire a l’image sociétale) mais une tentative de mettre en avant l’individu face a des comportements en société. Tout n’est pas noir ou blanc. Grande nouvelle ! Il faut Savoir trier le bon du mauvais. Woaou !

  • Un pote m’envoie la citation suivante, d’Oscar Wilde : « Appuyez-vous sur vos principes, ils finiront par céder »
    Très à propos !

  • Ben oui, mais justement, j’espère que ce qu’on comprend à la lecture de l’article n’est pas :
    – Travaillez bien à l’école
    – Respectez les règles
    Puisque je donne une litanie d’exemples qui montrent que ni l’un ni l’autre n’est une garantie de succès – en tout cas ça ne m’a pas servi.
    Néanmoins, si je suis désormais convaincu que « the rule is ‘no rule’  » je trouve ça compliqué à expliquer à mes enfants.
    Pour ne prendre que l’exemple du 3000m steeple, comment expliquer à un enfant en train de regarder cette course que « oui il a gagné mais en fait il n’a pas gagné » ?

  • Enfin des leçons de libre pensée, je veux dire (les gens intelligents, donc virils, l’auront compris)

    ;)

  • Aequus, j’avais un peu compris les thèmes abordés par l’article, ce que je critiquais c’est le fait de dire que le libre penseur finit toujours seul et meurt, sans parler de la présentation de la chose de manière si négative. Un article qui invite à se coucher face au système.

    Quand tu dis la nécessité de connaître les cadres de règles fixés, c’est ce que je dis que j’écris qu’il faut se concentrer sur les combats qui en valent la peine et faire attention à son statut par rapport à la personne visée. Il y a des moments pour « frapper », il faut choisir le bon.

    Basile, tu dois parler de la bien-pensance de viser des résultats scolaires, je ne faisais que prendre ton propre exemple d’élève modèle qui a eu 19,75 (et qui donc visait de bons résultats à l’école, en même temps sest trompé de combat en reprochant au prof son retard)

    Je n’ai donc pas de leçon de bien-pensance à recevoir de toi ;)

  • Yohan :
    Si tu ne vois pas ce que l’article vient faire sur ce site, il aborde :
    – la question de l’affirmation de ses valeurs (en particulier celle de justice), et donc de soi, en tant qu’homme ou femme
    – la question de l’intelligence sociale (et de ses conséquences si on est maladroit)
    – la nécessité de connaitre les règles du cadre fixé (vie de couple, école, sport), sous peine de sortie de route non attendue…

    Il rappelle le difficile équilibre sur la ligne de crêtes « la liberté est l’acceptation des contraintes ».

    Cela me semble au contraire au coeur des questions abordées ici, dans notre capacité à faire cohabiter notre projet de vie avec l’environnement (amical, professionnel, affectif) qui va avec.

    Basile :
    Merci pour l’article, qui fait écho à une situation du moment. Cela ne me donne pas la réponse à quoi faire, mais au moins cela entretient ma réflexion.

  • @Yohann Tu dénonces la « bien-pensance » en première ligne et donne un parfait exemple de celle-ci en deuxième paragraphe.
    Tu avoueras que c’est curieux :)

  • Superbe article, porte-drapeau de la « bien-pensance » tout à fait apte à développer des croyances limitantes.

    C’est sûr, si tu fonces dans le tas à la bourrin et que tu fais remarquer au prof ses retards, t’es assez mal barré, vu ton statut d’élève. Ce n’est pas que le prof a toujours raison comme tu dis, c’est toi qui dois t’élever pour être légitime, et surtout te concentrer sur les vrais combats (en l’occurrence tes résultats scolaires, et non le retard des profs, ou encore afficher de l’arrogance)

    Autre chose : si la fin justifie les moyens pour bcp de monde, est-ce une raison de penser de même, et donc de baisser son froc ?

    Je ne comprends pas ce que vient foutre pareil article sur ce site.

    Peut-être qu’il prend une drôle de tournure ?

  • Je connaissais une variante :

    Article 1 : le chef a toujours raison
    Article 2 : dans le cas contraire, se référer à l’article 1

    Il ne me semble pas que tu te sois dressé contre certaines règles par principes, mais plus exactement que tu ignorais leur existence ? Comme notre ami Mekhissi justement, qui a assez dit qu’il ne savait pas à quoi il s’exposait au moment où il a retiré son maillot.

    Ce qui est assez drôle, c’est qu’il y a de grandes chances que ce geste, a priori insensé, lui soit plus profitable à terme, qu’une médaille d’or. En faisant cela il recherchait la reconnaissance et de ce point de vue il a réussi, puissance mille. Tout le monde s’en souviendra lorsqu’on parlera de cette course, « ah oui, cette fameuse course où … »

    Il a perdu quoi ? Une médaille. Mais on s’en fout de la médaille, et je crois que très bientôt lui aussi s’en foutra. Toute notre vie nous sommes conditionnés à cela, à chercher une récompense dans tout ce qu’on entreprend.

    Il n’y a rien de rédhibitoire dans l’absolu, à enfreindre les règles/codes, à quitter les sentiers battus.

    C’est au contraire très enrichissant, mais à partir du moment où on en sort par réelle conviction.

    En revanche si on se dresse contre l’autorité par simple esprit de contradiction, en effet ça ne mène nulle part – et je sais de quoi je parle.

    Les principes, « oui » ; les non-principes, et bien, « non », justement.

    Voilà ce que, je suppose, je tenterais d’expliquer à mes enfants.

  • n’oublions pas qu’a nuremberg, l’excuse la plus professée pour avoir massacré des millions de personnes a été « je n’ai fait qu’obeir aux ordres » . dans une dictature, en fait il n’y a qu’un seul chef. dans beaucoup de democraties, les pouvoirs presidentiels sont larges…
    voila ou ca mene aussi

  • @Basile : J’oubliais : il y a aussi la notion de besoin. je me dis qu’il y a des gens qui ne peuvent pas vivre en dehors de règle. Tu connais surement Grigori Perelman, il a rédigé la démonstration du siècle (plutôt du millénaire) en démontrant la conjecture de Poincaré, un travail titanesque mais aussi récompensé par une prime d’1 million de dollars. prime qu’il a refusé parce qu’il avait inclus un élément (anecdotique) dans sa démonstration dont la paternité revient à un autre mathématicien (qui n’a pas été récompensé).. accepter cette argent revient selon lui à enfreindre ses principes et à faire quelque chose d’illogique. Bon, cas extrême, mais tu vois un peu l’idée.

  • Belle plume. j’aime bien lire les articles de Basile, je comprends un peu plus maintenant le personnage, j’aurais aimé avoir un pote comme ca durant mes études.

    Pour être franc, je ne sais pas si je pourrais inculquer des choses à des enfants, vu que ce « projet » semble de plus en plus barré, quand j’étais ado je n’imaginais pas un instant être célibataire à 34 ans.. connaitre une fille, suffisamment pour vivre ensemble, se marier puis avoir des enfants, se sont des étapes qui demandent du temps. des fois je m’amuse à calculer tout ca, je me dis que « commencer » à avoir des enfants à 40 ans c’est pas tip top. surtout si on veut être à leur coté et les soutenir dans un monde de plus en plus précaire.

    Il faut insister sur l’idée que se conformer à des règles contient une composante de liberté et de pouvoir sur soi. En effet, dans une société permissive comme l’est le monde occidental, personne ne nous oblige à suivre telle ou telle règle, à être intègre par exemple ou à être exigeant avec soi-meme. donc nous sommes libre d’établir les règles qui nous « plaisent », règles qui découlent de notre conception de valeurs telles que la justice, la solidarité et l’égalité (citoyenneté). Dans ce cas, ceux qui réfléchissent à ces sujets, qui établissent des règles pour eux mêmes, s’élèvent et gagnent (récompense) le combat interieur de la dignité.

    Ca me rappelle un peu le roman « Extension du domaine de la lutte ». le héros, un informaticien conformiste se conformaient à des règles imposées par la société (payer ses factures, cotiser pour sa retraite, faire de longues études..) mais aussi à certaines issues de son imagination et de sa façon d’interpréter le monde et les relations humaines (le summum de l’ironie étant l’obligation de commander un lit à 2 places au lieu d’une, dans un magasin de meubles de peur que le vendeur s’imagine que le gars n’a pas de vie sexuelle..).

  • J’aime ce genre d’articles, qui posent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses. Certains ne vont pas apprécier, la nuance et le discernement n’étant pas leur tasse de thé, mais pour ceux qui s’osent un peu à la réflexion, c’est très enrichissant. Merci Basile!

  • Je n’ai pas (encore) d’enfant mais je pense qu’il faut faire du cas par cas. Si un enfant à de vraies envies d’entreprendre il faut lui dire « vas y fonce ! ». Il apprendra ce dont il a besoin sans faire d’étude.

    À l’inverse s’il se cherche, je lui conseillerais de suivre un parcourt classique tout en multipliant des activités en parallèle pour découvrir ce qui pourrait le motiver dans sa vie.