La séduction pour les nuls : mercredi



C’est établi, dorénavant au réveil, le samedi matin, la bouche pâteuse, vous vous levez d’un bond pour allumer votre Mac et découvrir la suite de la saga (lire la séduction pour les nuls : mardi). Aujourd’hui, c’est au tour de Jean, l’ami des dames, de révéler le fruit précieux de sa présence continue auprès d’elles . Un topic est consacré à cette série sur notre forum séduction, découvrez-le

Confidence pour confidence, c’est mal engagé.

Le soleil se couche, le tableau est idéal, mais je ne sais pas comment embrasser la superbe fille qui me tient pourtant la main sur la plage en me souriant comme à un frère. Michel, à côté de moi, me conseille assis sur son vélo. « Parle-lui du soleil couchant et de la confiance qu’il instaure entre vous ». « Propose-lui des crevettes pimentées ». « Va ouvrir, ça sonne ». Car en effet, ça sonne. Il est 7h34, j’ouvre un œil et retrouve ma chambre. L’heure de faire bouillir de l’eau – non parce que ça va bien, mais j’en ai acheté, ce coup-ci, des filtres à thé. La victoire d’Hudson Hawk se mesurait à sa capacité à enfin boire son capuccino, la mienne sera cette semaine de me faire un vrai thé. Ce faisant, je vérifie un peu mes mails. Jean me propose de déjeuner avec lui. Ce qui n’est pas une mauvaise idée, primo parce que ça fait un bout de temps que je ne l’ai pas vu, et secundo parce que de mémoire, il est assez proche des femmes, en règle générale. Il va pouvoir me renseigner un peu sur cette petite touche qui fait qu’elles restent si volontiers dans son orbite.

“D’accord il existait d’autres façons de se quitter” (Lara Fabian)

Jean, mon ancien collègue devenu ami, a toujours été quelqu’un de bien. Bon fils, ami fidèle, collègue agréable, il est aimable avec ses voisins comme avec sa boulangère. Dans l’ensemble, tout le monde l’aime bien. Il n’est pas pour autant une loque se laissant marcher sur les pieds pour un rien, et il se laisse même aller lorsque la situation le demande, à pousser quelque peu les décibels de sa voix de stentor. En discutant avec lui, pourtant, on réalise qu’étrangement, malgré les nombreuses amies nourrissant son cercle social bien étoffé, aucune ne semble réaliser que les qualités qui font de lui un camarade si agréable pourraient tout aussi bien le rendre charmant en tant qu’amant. Jean n’est pas à leurs yeux un de ces vils êtres du sexe masculin qui les font tant souffrir. Il est bien mieux que ça. C’est un ami. Mieux encore : leur confident.

Car en effet, plus Jean est intéressé par une frêle et charmante créature du sexe opposé, plus il cherche à lui parler, et mieux : à la comprendre. Aucune femme saine d’esprit ne peut rêver mieux qu’un homme qui la comprenne. Il se rapproche ainsi invariablement de celles qui l’intéressent. Mieux encore que leur ami, il devient leur confident. Il est alors au premières loges pour savoir ce que la demoiselle souhaite dans son fort intérieur. Il l’apprend de la propre bouche de sa désirée : un homme doux, gentil, attentionné, romantique et délicat, qui la traite comme une princesse, l’écoutant et accédant à ses désirs et lui concoctant des week-end surprises à tout bout de champ. Voilà, dans les grandes lignes, ce qu’il est en train de me dévoiler durant ce déjeuner. Je commence à me demander s’il m’indique bien la moitié du chemin à parcourir (puisqu’il échoue presque invariablement, mais qu’il semble pourtant s’approcher grandement du but) ou bien un trompe-l’œil, une impasse qui serait bien dirigée plein nord mais qui interdirait pourtant à l’explorateur qui l’emprunte l’accès au pôle.

“She walks in beauty, like the night” (Lord Byron)

Lorsque sa presque dulcinée casse enfin avec l’infâme connard qui la faisait tant souffrir et à propos duquel elle s’épanchait sur l’épaule de notre bon Jean, il est fin prêt, affûté à lui proposer ce dont elle rêve. Il rectifie sa raie sur le côté et attend que la demoiselle tant convoitée lui tombe, après ces efforts bien mérités, dans les bras. Ce qui, si l’on s’en fie aux trois dernières expériences que ce malheureux me narre, tarde généralement à se produire, malgré leurs nombreuses soirées en intenses communions et les folles fêtes auxquelles ils participent ensemble pour changer les idées de la belle.

Lorsqu’elle finit par partir avec un nouveau « connard », comme dans sa quatrième histoire, celle dans laquelle il est encore, il ne comprend pas, pleure (il me l’avoue, ce que je trouve touchant) mais lui assure qu’il sera toujours là pour elle, et va lui acheter des fleurs en attendant avec impatience les premières larmes de la belle démontrant qu’il avait raison et elle tort. Cette fois, peut-être comprendra-t-elle ? Il va tout de même forcer la dose sur les cadeaux en attendant, c’est probablement là qu’il a pêché les dernière fois : il va prendre de l’avance avant même qu’elle n’ait re-rompu, cette fois-ci. Un jour, elle sera sienne.

Je paye l’addition pour mon ami qui m’a semblé au final bien fragile dans sa vie sentimentale, sorte de Tantale des temps moderne constamment à deux doigts de ce qu’il convoite, mais dont le but s’éloigne à chaque fois qu’il s’en approche. J’ai probablement un enseignement à tirer de tout cela, au final. Je préfèrerais être le but visé, celui qui, en s’éloignant, fait se rapprocher ce qu’il désire. Mais tout ceci est un peu confus. Jean me rappelle vaguement ce livre que je n’ai pas lu, comme tous les autres qui furent au programme de français. « La femme et le pantin » était son titre. Pour un second opus décrivant les mésaventures de mon ami, on pourrait ajouter en sous-titre « en tournée de consolation ».

En le quittant, je conçois cet étrange sentiment de ne trouver personne pour me guider mais paradoxalement d’avancer en éliminant les mauvaises voie. Comme j’ai coutume de me le dire ces temps-ci, demain sera une bonne journée.

A suivre, chapitre IV (jeudi) : « Jacques le fataliste »

Matt

Et sinon, quand vous en aurez marre d’être nul, vous avez notre forum séduction


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6 commentaires

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  • Marrant, j’ai cru longtemps que lorsqu’une femme ne te raconte pas sa vie sentimentale, lorsque ça ne va pas avec son mec ou ce genre de chose, alors qu’elle la raconte à d’autres, c’est parce qu’elle ne t’apprécie pas assez (même si tu parles de chose et d’autres avec elle par ailleurs, je ne parle pas d’une personne qui ne te parle pas). Alors qu’en fait elle ne te voit pas comme sa copine, et c’est plutôt bon signe, non ?

  • Bientôt les maisons de production vont t’acheter les droit pour en faire un film.

  • Moi aussi, hein Matt ! ;)

    Sérieusement, séduction ou pas séduction, le web compte peu de séries de cette qualité. Ou alors, si je les ai râtées, indiquez-les moi…