Hommes trop disponibles, suite : rencontre avec Dunia Miralles, auteur de Fille facile



L’idée d’interviewer Dunia Miralles m’est venue à la lecture de sa précédente et non moins excellente interview pourquoi les femmes dominent-elles le marché du sexe, sur Libération. Elle a bien voulu se livrer à nouveau au jeu des questions-réponses, avec moi cette fois-ci.

Ma rencontre avec Dunia Miralles, auteur de Fille facile

Stéphane Edouard- Une petite présentation (libre) de vous et de votre travail ?

Dunia Miralles – Je suis une observatrice de la vie qui a décidé de transformer ses observations en écrits à travers des nouvelles ou des romans. L’être humain et ses comportements me fascinent. Souvent mes histoires comportent du sexe parce que le sexe, qu’il soit pratiqué ou pas, fait partie intégrante de la vie et qu’il montre une facette souvent cachée de la personnalité de chacun. Le sexe peut être utilisé pour donner ou recevoir de l’amour, mais aussi par pur plaisir, pour s’affirmer, pour asseoir un pouvoir, pour faire un chantage, pour détruire l’autre ou s’autodétruire. Ce sont ces multiples facettes du sexe que je dévoile à travers mes écrits.

S.E – Comment à votre avis expliquer le paradoxe suivant : dans la littérature féminine, le sexe est soit absent, soit cru ?

Dunia Miralles – Il y a deux choses qu’on apprend aux femmes depuis l’enfance. Primo qu’un jour elles seront mères et qu’elles devront soigner le corps de leurs enfants et conjoint. Deuxio qu’elles devront rester discrètes sur les affaires de corps parce que le corps c’est sale, plein de maladies, de sécrétions peu ragoûtantes et que, par bienséance, bon goût et pudeur envers elles-mêmes et leur famille, elles devront taire ce qu’elles savent sur les corps. Je suis toujours surprise de la méconnaissance que les hommes ont de leur propre corps. Une femme, même peu cultivée, quand elle a mal au ventre saura si elle a mal à l’estomac, à l’intestin ou aux ovaires, si sa douleur est lancinante ou aiguë, si elle ressemble à un coup de poing où a un chatouillis. Un homme souvent, même avec un niveau d’études moyen, se contentera de dire « j’ai mal au ventre ». Et lorsqu’on lui demandera s’il a mal l’estomac ou à l’intestin, il prendra un air agacé et souffreteux pour répondre « j’en sais rien, j’ai mal au ventre ! ». Idem quand on lui demandera le genre de douleur dont il souffre. Il sera souvent incapable de la décrire. Par ailleurs, nous les femmes perdons du sang plusieurs jours, chaque mois, avec tous les inconvénients, et parfois douleurs et mal-être, que ça comporte. Ce n’est pas « rien » de perdre du sang, de devoir prévoir ce moment, de se sentir incommodée par les règles et parfois par les souffrances ou les états de fatigue qui les accompagnent. Les hommes ne voient jamais leur propre sang, sauf s’ils s’accidentent, et voient encore moins le sang des autres, hormis en cas de guerre mais par chance en Europe de l’Ouest nous n’avons pas eu de guerre ces cinquante dernières années. Ils ne sont donc pas habitués à ces réalités du corps. D’ailleurs, les seules personnes que je connaisse qui s’évanouissent à la vue du sang, sont des hommes. Pour finir, les femmes accouchent dans la douleur, les fèces et l’urine. Donc les femmes ont, forcément, une vision beaucoup plus crue et technique du corps que les hommes. Lorsque les femmes écrivent, soit nous nous en tenons à notre éducation qui nous apprend à publiquement rester discrètes sur les affaires de corps -je précise publiquement car les femmes, entre nous, sommes extrêmement crues lorsque nous parlons du corps, que ce soit de ses fonctions, de ses maladies ou de sexe- soit, si l’on décide de parler de sexe, on le fait comme lorsqu’on aborde généralement les affaires de corps : crûment, techniquement et sans fioritures.

S.E – Quelle différence faites-vous entre « plan cul » (je reprends volontairement l’expression de l’interview « originale ») et sexualité en général ? L’un(e) inclue t-elle forcément l’autre ?

Dunia Miralles – Un plan cul est un moment de plaisir sexuel sans engagement. Il peut être d’une nuit ou suivi sur des années avec une seule et même personne, chaque partenaire sachant que l’on n’est pas engagé sentimentalement, que l’on ne construira rien, qu’il n’est question ni de partager la promenade du chien, ni les amis, ni les repas de famille, ni le compte en banque, ni les lessives. Un plan cul peut prendre fin à tout moment. Ce qui n’empêche ni le respect, ni la tendresse, ni les parties de rires, chaque couple constitué pour un plan cul fixant lui-même les règles et les limites du jeu. La sexualité est le terme utilisé pour parler d’un acte menant à la procréation. Il englobe également tous les comportements sexuels connus avec ou sans procréation – hétérosexualité, homosexualité, masturbation, fétichisme…-. Un plan cul par définition ne peut se passer de sexualité même si la sexualité n’oblige ni à la pénétration ni à l’orgasme.

S.E – Le rapport d’une femme au « plan cul » varie t-il avec l’âge, et comment ?

Dunia Miralles – Des femmes de tous les âges s’adonnent au plan cul pour des motifs qui leurs sont propres. Toutefois, chez les plus jeunes, il y a souvent le désir inconscient de trouver celui qui sera le père de ses enfants, voire si le partenaire est nettement plus âgé, un père de substitution. Une jeune femme tombera donc plus facilement amoureuse d’un plan cul,
qu’une femme de plus de quarante-cinq ans, mettant ainsi en péril l’accord de base entre les partenaires.

S.E – Pourquoi une femme a t-elle tant de mal à conceptualiser/verbaliser ce qui l’attire chez un homme ?

Dunia Miralles – Même si des études scientifiques ont prouvé que les femmes sont attirées par des critères sexuels évidents –dents en bonnes santé, épaules larges, torse en V, hanches étroites, jolies fesses, appareil génital bombé à travers le pantalon…- on nous enseigne depuis l’enfance à nier cette évidence. Tant est si bien que notre cerveau créera une nébuleuse entre cette attirance sexuelle et notre conscient. D’où la difficulté à verbaliser ce qui nous attire chez un homme. Une femme uniquement attirée par le physique d’un homme sera soupçonnée de « légèreté », or une femme soupçonnée de « légèreté » est assez systématiquement classée parmi les femmes « de mauvaise vie » peu fiables, pour ne pas dire « une pute ». Par ailleurs, il est vrai que ces critères sont également accompagnés d’une exigence mentale. Je ne parle pas forcément de l’intelligence de l’homme mais pour qu’un homme nous attire, il nous faut tout de même une brillance dans les yeux, le sourire, la sympathie, avoir l’impression que l’autre s’intéresse à nous, à notre moi profond.

Photo de Dunia Miralles en N&B

Une chose dont beaucoup d’hommes semblent se passer pour désirer une femme. Cela me frappe toujours lorsqu’il m’arrive d’aller dans des cabarets de bas étage, la manière dont les hommes sont attirés par des effeuilleuses qui se déshabillent sans conviction, avec une moue ennuyée et l’air absent, comme si elles pensaient à leur liste de courses ou à la diarrhée de leur petit dernier. Ils ne voient que le corps de la fille, absolument pas son état d’âme. Pour une femme, la même attitude chez un homme est absolument rédhibitoire et anti sexuelle. Nous avons besoin de sentir une présence totale fusse-t-elle professionnelle. Les Chippendales fonctionnent auprès des femmes parce qu’ils sont suffisamment professionnels pour donner l’illusion du désir. S’ils se déshabillaient comme les filles de certains cabarets, ils n’attireraient pas une femme à leur spectacle. L’attirance de la femme envers « l’état d’âme » de l’homme étant difficilement verbalisable et l’affirmation de notre attirance pour son physique nous étant d’une certaine manière interdite, il est normal qu’il soit pour nous plus difficile de définir verbalement ce qui nous attire chez un homme.

S.E – Le but de la séduction pour une femme est-il l’acte sexuel ? Et pour un homme ?

Dunia Miralles – Les buts de la séduction, chez les deux sexes peuvent être divers. Séduire est un mode de communication, un acte social qui s’utilise en toute circonstance y compris dans le cadre du travail, dans la vente par exemple quand il s’agit de séduire la cliente ou le client. Dans un cadre potentiellement sexualisé, le but de la séduction peut être de simplement passer un moment chaste et amical en charmante compagnie, soit de se rassurer soi-même en rassurant son égo, soit d’amener une personne pressentie à un acte sexuel. Hommes et femmes sommes égaux face à la séduction. Certaines femmes voudront séduire pour conclure un acte sexuel, d’autres pour trouver un compagnon de vie –idem pour les hommes qui cherchent une compagne- et certains messieurs ne chercheront qu’à plaire, le fait d’avoir provoqué une émotion érotique chez une femme leur étant suffisant. Le déséquilibre est plutôt créé par notre société patriarcale et par l’éducation qu’on donne aux enfants, suivant qu’ils soient filles ou garçons. A une fillette l’on apprend qu’une femme doit se préserver. Qu’une femme ne peut coucher que par amour. Que le faire par plaisir est dégradant, même dans le cadre conjugal d’ailleurs. Qu’une femme qui couche avec un homme qui n’est ni son mari, ni son petit ami, est une pute, alors qu’au garçonnet l’on inculquera que pour être un homme, « un vrai », il doit baiser tout ce qui bouge, ne jamais rater une occasion qui lui est offerte. Ne pas le faire pourrait mettre en doute sa virilité. Or les choses ne sont pas aussi simples. Beaucoup de femmes voudraient uniquement des plans culs –attitude supposée typiquement masculine- sans oser franchir le pas pour ne pas salir leur réputation –surtout dans les petites villes ou villages où tout le monde se connaît- et beaucoup d’hommes m’ont confié le vide et le dégoût que leur laissent des relations sexuelles sans amour –attitude supposée typiquement féminine-. Avec l’âge, femmes et hommes assument mieux ces parties d’eux-mêmes en porte-à-faux avec ce que l’on nous enseigne, mais ça créée souvent beaucoup de souffrance chez les plus jeunes qui assument moins bien le regard d’autrui et se plient trop souvent à ce que l’on attend d’une attitude prétendument liée à leur genre, afin de ne pas être classé « pute » pour les filles et « sous-homme » voire même homosexuel pour les garçons.

S.E – Mon principal sujet, du moins celui qui m’intéresse le plus : vous dites que les hommes sont « plus faciles », « plus disponibles », je suis entièrement d’accord. Comment expliquer cette absence générale de sélectivité masculine, cette (trop) grande disponibilité ?

Dunia Miralles – Les hommes sont plus faciles et disponibles parce que baiser à couilles rabattues avec diverses femmes ne jette pas l’opprobre sur eux. Bien au contraire, ils seront considérés comme des Casanova et susciteront l’admiration de tous –consciente ou inconsciente- des hommes comme des femmes, ce qui d’ailleurs décuplera leur charisme auprès de la gent féminine. Alors qu’une femme qui se conduira en Dom Juane ne sera ni admirée par ses pairs, ni respectée par les hommes. Au contraire, aux yeux de la majorité ce sera une pauvre fille, voire une pute, qui ne mérite aucun égard ni de la part des hommes ni des femmes. Donc si les hommes sont plus faciles, c’est parce qu’ils tentent de coller à l’image qu’on attend d’eux –et qu’ils souhaitent avoir d’eux-mêmes puisqu’on leur dit depuis l’enfance que c’est ce qu’ils doivent être-. Maintenant, si on commençait à respecter les femmes qui acceptent de passer un moment avec un homme juste pour le plaisir de l’instant partagé, peut-être que les choses s’équilibreraient. J’ai toujours trouvé incroyable qu’un homme puisse mépriser une femme avec qui il vient de passer un bon moment de sexe sous prétexte qu’elle a cédé trop facilement. Cela n’a pas de sens. C’est comme se régaler d’un délicieux repas et ensuite aller en cuisine casser la figure au chef parce qu’il cuisiné le repas dont vous aviez envie. Grotesque ! Par ailleurs les hommes n’ont pas peur d’être taxés d’objets sexuels. D’être chosifiés. Contrairement aux femmes, ils n’ont pas 5000 ans de répression et de soumission derrière eux. Les femmes en revanche devons toujours rester sur nos gardes. Une trop grande liberté sexuelle pourra être interprétée comme une trop grande soumission à l’homme. Une femme pour être vraiment libre sexuellement devra se confronter et à la société traditionnelle, pour qui elle sera « une salope », ainsi qu’aux féministes qui la considéreront comme soumise au plaisir de l’homme. Les hommes ne rencontrent pas ce genre de problème d’où une plus grande disponibilité. Commençons par accepter que chacun a le droit de vivre selon ses envies et sa nature profonde, que l’on soit homme ou femme. Les hommes ont le droit d’aimer ne faire l’amour qu’avec une femme pour qui ils éprouvent des sentiments, ce n’est pas une spécificité féminine, tout comme il peut être très agréable pour une femme d’avoir des rapports sans lendemain, dénués de sentiments amoureux ou de projets de vie commune, ce n’est pas une spécificité masculine non plus.

S.E – La séduction féminine existe sous d’autres latitudes/longitudes (hollande, allemagne, Scandinavie, voire New-York) où les hommes font moins activement le premier pas. Est-ce une pure question de démographie et comment pourrions-nous agir pour tenter de rétablir l’équilibre ?

Dunia Miralles – Il faut savoir que dans la Rome antique la femme adulte avait le même statut qu’un enfant et qu’à la naissance l’on gardait uniquement la fille ainée. Les benjamines étaient tuées. C’est dire si une femme avait peu de valeur. D’ailleurs, elle n’avait pas de prénom propre. Elle gardait celui du père et les romaines étaient soumises soit au père, soit au frère, soit au mari. Quand une femme devenait veuve elle devait retourner vivre chez le père. Les romaines étaient complètement soumise au bon vouloir des hommes. Or deux mille ans après l’effondrement de la Rome antique, les femmes latines –françaises, espagnoles, italiennes… – sont encore marquées par l’histoire de l’Empire Romain et de ses lois. Chacun, femmes et hommes, devrait prendre connaissance de ce morceau d’histoire et dire ÇA SUFFIT  à 2000 ans de connerie! Entre temps on a inventé l’électricité, le béton armé, les navettes spatiales, l’ordinateur portable et le Smartphone ! Alors inventons aussi d’autres relations hommes-femmes ! Il serait temps ! Révoltons-nous contre le poids de cette histoire que les scandinaves ou anglo-saxonnes n’ont pas à subir ! Refusons cette hérédité éculée !

S.E – Définissez-vous divers degré de féminité chez la femme, et si oui lesquels ?

Dunia Miralles – J’ignore ce qu’est la féminité. Chaque femme peut être féminine, sexy et attirante à sa manière. Cela dépend de qui la regarde et de l’attitude de la femme. Rien n’est plus sexy, qu’on soit homme ou une femme, qu’une personne naturelle, bien dans sa peau, souriante, ouverte, sans complexes, ni tabous castrateurs. Par naturelle, je ne veux pas dire sans maquillage ni vêtements sexy. Je souligne seulement que la femme ne doit pas changer sa nature profonde pour plaire. Elle doit ÊTRE qui elle est. Se maquiller si elle en a envie, ne pas le faire si elle n’aime pas ça, avoir des aventures sans lendemain ou coucher uniquement quand elle est amoureuse. L’attitude et la gestuelle est ce qui créée l’attirance, pas les artifices. Chaque type de femme est susceptible de plaire à l’homme qui aimera ce genre de femme. Mais pour ça les hommes doivent aussi se désinhiber et assumer qu’ils ne sont pas –tous- forcément attirés par les mannequins. Ceux qui aiment les femmes fortes, les femmes poilues, les femmes androgynes etc… -mais oui tous les goûts sont dans la nature- doivent l’assumer au lieu de se laisser influencer –tout comme les femmes- par des effets de mode et par le qu’en dira-t-on. Tout le monde s’en trouvera plus heureux.

S.E – Merci, et comme je crois que vous vous trouvez à Rome en ce moment, profitez de la plus belle ville du monde.

Dunia Miralles – Merci

dunia-miralles

Crédit photo : André Breton, La bouche de Nadja (1928)

Bibliographie de Dunia Miralles

  • Swiss trash, Dunia Miralles, roman, Éditions Baleine. Actuellement épuisé, réédition prévue dans quelques mois aux Éditions de L’Âge d’Homme.
  • Fille facile, Dunia Miralles, recueil de nouvelles, Éditions Torticolis et frères.
  • À paraître  :
Inertie, roman. Publication en septembre 2014 en Suisse, en janvier 2015 en France. Éditions de L’Âge d’Homme. À LéaX et Plus, recueil de nouvelles érotiques, publication en attente d’éditeur.

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9 commentaires

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  • @Estrelinha : +1000

    Ca fait plaisir de lire une femme qui a dépassé l’endoctrinement féministe!

    L’auteur tombe dans un délire de persecution. je me demande quel genre de rapports elle a eu avec les hommes pour arriver à une telle vision.

    Il n’y a qu’a écouter les phones coaching de Stèphane pour se rendre compte de qui est mène la dance, qui galère et qui « souffle le chaud et le froid » ! il n’y a qu’à voir aussi les statistiques de demande d’ajout sur Facebook pour vite comprendre qui de la femme ou de l’homme a l’embarras du choix.

    l’égalité des sexes est une utopie.

  • Désolé mais c’est une suite de clichés consternants et de contradictions d’une réponse à l’autre, plongés dans un charabia convenu aussi soporifique que désormais conservateur. Du militantisme inepte pur. C’était une bonne idée de l’interviewer, évidemment, car les commentaires sont bien plus intéressants.

  • @Haplo: L’auteure le relève bien mais elle le déplore parce qu’elle a un biais idéologique qui la fait tomber dans l’erreur que j’ai mis en lumière.

    Elle dit: « J’ai toujours trouvé incroyable qu’un homme puisse mépriser une femme avec qui il vient de passer un bon moment de sexe sous prétexte qu’elle a cédé trop facilement ». Mwu a expliqué pourquoi avec un « proverbe anglais », je me chargerai de rappeler l’origine du pourquoi: L’infidélité d’une femme peut faire qu’un homme ait à élever un bâtard en pensant que l’enfant est de lui quand cette situation quand l’inverse ne peut exister. Elle vient de là la focalisation sur la présomption de fidélité de la femme a fortiori de sa sexualité avec les mauvais et bons points qui ont été distribués par la suite. Cela provient d’une réalité biologique et non machiste.

    Ce qu’elle oublie également, c’est que les relations hétérosexuelles, les couples hétérosexuels sont les lieux par excellence de la confrontation entre l’homme et la femme. Comme toute confrontation, elle fait ressortir les différences entre les deux (comme celle que j’avais pointé plus haut avec le bâtard). Des jumeaux voire certains frères très ressemblants peuvent être confondus, mettez-les côte à côte et leurs différences se révéleront. Ce sont ces différences sociales comme biologiques (donc non machistes et beaucoup moins modifiables) qui vont rythmer, permettre d’initier ou de mettre fin à ces couples, cette confrontation entre les deux sexes. Et à chaque fois, quand l’un de deux se sentira insatisfait ou « en difficulté », il utilisera « ses » forces provenant souvent de ces différences pour contrebalancer la situation. Vouloir l’égalité totale revient à nier ces différences, dans les commentaires d’un autre article, Stéphane disait que les hommes n’aimaient pas F, je rétorquerai que de nos jours, peu de femmes aiment « H » (pas la série avec Jamel, Eric et Ramzy, hein!) de nos jours (en tout cas, moins qu’il y a 60 ans) et les féministes sont celles qui le haïssent le plus.

    C’est pourquoi, il n’est pas étonnant qu’une bonne partie des féministes soient opposés au couple hétérosexuel, trouvent de nombreux accords avec des personnes prônant des types de relation plus libre comme alternatives ou même que bon nombre de féministes soient lesbiennes. Pas parce qu’elles seraient laides ou mal baisées, mais bien parce que leur rêve d’égalité et de non-sexuation des comportements, des mentalités et des êtres entre les individus ne saurait se réaliser dans le couple hétérosexuel, l’entité qui met le plus en valeur les différences entre les deux sexes. Il leur reste donc pour concrétiser ce rêve, les individus avec lesquels, elles sont vraiment semblables, leurs congénères de sexe.

    Dernier point: l’idéalisation des modèles scandinaves et anglo-saxons va un peu trop loin dans son article. Les USA, c’est New York, San Francisco, mais aussi le Texas et l’Utah. Surtout que New York est considérée dans de très nombreux Etats de l’Union comme une ville de dépravés. En Scandinavie, la recrudescence des viols (surtout en Suède), supérieure à la moyenne française ternit l’image du paradis féministe sur Terre.

  • @Mwu : bien au contraire, l’auteure en a parfaitement conscience, puisqu’elle explique le phénomène dans l’interview initiale de Libération (et aussi dans celle-ci). Chose suffisamment rare pour être signalée… Après, chacun se fera son avis par rapport aux causes qu’elle identifie, pour ma part j’ai trouvé l’interview vraiment intéressante.

  • +1 Estrelinha

    J’aime quand une feministeoublie ce « petit » detail qui est responsable de la différence de perception entre une femme et un homme qui couche beaucoup:

    A key that open a lot of lock, it’s a master key.
    A lock that is opened by a lot of key, its a shitty lock.

    Elle n’arrive pas a comprendre le fait qu’il soit , beaucoup, plus difficile pour un homme d’avoir accès au sexe. Ca ne veut pas dire que les hommes sont frustrés dans leur coin mais il y a un gouffre, un abime entre ce que peux faire une femme, même moyenne mais appreuté, et son équivalent masculin. Ne pas voir cette réalité relève d’une pure mauvaise fois.

  • Interview intéressante. Surtout la première partie.
    En revanche je ne partage pas du tout le jugement envers les femmes de culture latine, qui sont celles avec qui je m’entends toujours le mieux, qu’elles soient Françaises, Italiennes ou Espagnoles.
    Au contraire, les anglo-saxonnes (Angleterre, Allemagne, Etats-Unis) ont tendance à m’agacer. Elles manquent comparativement de féminité. L’extrême étant la « femme d’affaire bouffeuse d’hommes » qui me donne simplement envie de vomir!

  • @Maurice: Dans toute l’interview, on la sent la bave aux lèvres prête à en faire ……..baver aux hommes justement. Je la plains d’avoir autant de ressentiment.

  • Fatigante.

    Cette femme n’est pas sérieuse. « Au garçonnet l’on inculquera que pour être un homme, « un vrai », il doit baiser tout ce qui bouge, ne jamais rater une occasion qui lui est offerte. »

    Messieurs, cela ne m’est pas arrivé, et à vous ?

    Par contre, oui, mon corps me poussait à l’acte sexuel dans ma jeunesse, parfois, sans doute plus sous l’effet des hormones que de la culture… Mais devenir une sorte de queutard dans sa vingtaine ne vous met pas du tout sur un piédestal et vous fait bien plutôt percevoir comme une personne ne sachant pas réfreiner ses instincts.

    Ensuite, sa référence à Rome… Mais on n’est plus à Rome et dès Rome le christianisme – que j’imagine elle doit abhorrer – a mis fin à ces pratiques de suppression des cadettes et des chétifs – tout comme à l’avortement – qu’elle doit chérir comme une grande conquête de son obscure cause. Car dans ses raccourcis multiples et variés, elle en oublie la profonde influence du christianisme sur notre monde. Si cet aspect de Rome se prolonge quelque part, ce serait bien plutôt dans les campagne indiennes voire chinoises.

    On n’oubliera pas que Rome était une société tournée vers la guerre, que donc, il y avait pas mal de risque de mourir jeune pour un homme : la suppression des cadettes (si elle est aussi avérée qu’on le dit et non pas une légende historique à vertu de propagande, à l’image de ce « droit de cuissage » issu de l’imagination de Beaumarchais et de quelques autres) serait une solution pour lutter contre une surpopulation féminine. L’islam, autre société guerrière, lui, allait autoriser la polygamie. Mais ce qui est extrêmement fatiguant, c’est de mettre de la moraline féministe en ce qui concerne des faits du passé, un vrai brouillard qui nous empêche d’y voir vraiment clair.

    Et puis, dans ce qui s’apparente tout de même à une logorrhée qu’il faudrait disséquer pendant des heures, elle considère le béton armé comme un progrès, alors là, tout est dit ! ;)

  • Très féministe la demoiselle dis-donc….

    D’ailleurs, de plus en plus, je me demande si l' »erreur » des féministes et ceux qui les croient (surtout quand ils sont des hommes) est de penser que tout le monde devrait être beau, gentil et réuni dans une entente la plus cordiale alors que, le monde, tel qu’il est, demeure une « guerre » avec des rapports de force récurrents.

    D’ailleurs, j’ai mis le terme erreur entre guillemets car les féministes femmes le savent puisqu’elles disputent, initient des batailles avec un esprit conquérant (cf les propos de Mademoiselle Miralles qui est très vindicative contre les hommes) même si elles font quand même cette erreur elles aussi.

    C’est pourquoi je pense qu’un homme ne doit pas être féministe ce qui ne l’empêche absolument pas d’avoir de bons rapports avec le sexe féminin. Il y a une différence entre être fair-play et donner des buts à son adversaire.